( 25 août, 2012 )

Des nouvelles, maintenant…

Remercions Jacques Le Goff, professeur de droit public à Brest, d’avoir osé, en plein mois d’août, parler, à la première page du quotidien Ouest-France, de « l’indispensable poésie ». C’était le 13 août, alors que la canicule incitait les uns à se précipiter dans les vagues, et les autres à se réfugier dans la pénombre des maisons aux volets fermés.

« Sans (le poète) que le monde est triste et irrespirable ! »  concluait l’auteur.

Parler de poésie à la première page d’un quotidien, il fallait oser le faire ! Vous trouverez sans problème cet article sur la Toile. Il vaut le détour.

 

Le Cahier n° 16 vient de paraître. Conçu sur le modèle du 15, parenthèse dans le programme de la Revue, il vous propose une réflexion sur la poésie et des poèmes de Marc Bernelas, Henri Chevignard, Colette Elissalde, Nicolas Grenier, Isabelle Lévesque, Monique Saint-Julia et Bernadette Throo. Suivent le journal de Michel Passelergue, la chronique de Jean-Marie Alfroy (Julien Gracq est-il romancier ?) des « nouvelles » de Stéphane Beau et les notes de lecture sur les derniers livres de Guillaume Decourt, Gilles Lades, Gérard Cléry, Valérie Harkness, Danièle Corre, Silvaine Arabo, Michèle Lévy, Georges Jean, Claude Serreau, Jean-Pierre Boulic, Paul Couëdel, Jacques Basse, Nathalie Lescop-Boeswillwald, Colette Elissalde.

Les surprises du Net…  La revue me vaut chaque jour une arrivée massive de mails auxquels je m’efforce de répondre dans les 24 heures. Mails qui, parfois requièrent une belle patience. Il y eut ce correspondant soupçonneux qui avait choisi un nom avec particule, très vieille noblesse de France. Sa question portait sur la nature de ma Revue. Réponse immédiate, suivie d’une série de questions de mon correspondant (une chaque jour) auxquelles , malgré une exaspération croissante, je répondis courtoisement. Notre homme finit par négocier un abonnement de cinq ans, moyennant une petite réduction du prix, laquelle  lui fut accordée. J’espère qu’il n’a pas regretté sa décision. (Merci, J. CL. R., pour cette belle confiance !)

J’avais eu beau dire que 5 ans plus tard je ne serais peut-être plus de ce monde. « Je ne veux pas m’arrêter à ces considérations funèbres », me fut-il répondu. J’ai donc signé ce jour-là un bail qui m’imposait de gérer la revue jusqu’au n° 30 ! Résisterai-je à la lassitude ? Il me reste trois ans et demi… Pour ce qui est de la survie, on peut espérer.

Deuxième surprise, plus étrange, celle-ci :

Le 16 février, d’un énigmatique correspondant qui signe MKL, je reçois le mail suivant

« Il agitait un bout de ficelle devant le nez du chat / pour l’attirer hors de la chambre. / Qui était la bête ? / Jour funeste / que celui où / on enleva ses amygdales / au grand lapin blanc. / Il n’avait pas son pareil / pour boire à la bouteille, / ce grand échalas,  / déglutissant à toute allure, / de haut en bas, / le vin de sa treille / au milieu des résédas. » ( mkl)

Le 17 février, je réponds : « L’étrange message ! Quelle en est la raison ? Quand on dirige une revue, il faut s’attendre à tout. Pas mal, le petit poème ambigu. Que comprendre ? Et que cache cette adresse mél énigmatique ? »

Un mois se passe puis, le 20 mars, nouveau message, sibyllin comme le précédent :

« Ô raves impatientes de l’au-delà, / votre attente s’achève / dans la panse ruminante des bestiaux las / des étables de l’hiver, / dans des fermes de pierre. » (MKL)

Le lendemain, j’envoie à mon inconnu des vers d’Yves Cosson, extraits de « Cages à plumes et à poils » : « Écœuré dans son coin / Le paon / Fait la tête / Se ravise et fait la roue / Et reste / En panne / Pauvre Léon / Tant d’yeux et de coups / D’éventail / Pour des plumes » (Sans autre commentaire. Petite provocation, pour voir.)

Le 28 avril, m’arrive ceci : « Cette fois-là encore, ce n’était pas au point. / On s’attendait à tout autre chose qu’une mouche sur le pain. / et qu’une blatte / au fond d’un escarpin ! / On continue à soulever le loquet des portes, / à aiguiser son couteau contre la pierre, / à marcher le long de la rivière / et à faire escale au jardin. / On reçoit des lettres mortes / mais toujours aucun appel divin. » Et, en gros caractères : Cordialement, MKL

Le 3 mai, étonné par l’amicale salutation de la fin du message, les précédents m’ayant été adressés « tout secs », je réponds, m’inspirant de Henri Michaux dans le choix du lexique, avec un clin d’œil au vieux Max et tenté par le souffle de Saint-John Perse dans l’exclamation finale ( j’espérais  déclencher un réflexe immédiat) : «  Cordialement, dites-donc ! Les choses s’ambiguisent. Le crapaud de Jacob se rassure, gobe le noir, guettant  l’éclair. Le rat fouille dans l’ampenaille et guette, attend, et guette encore. Espère propos franc de la plume. Que l’ombre au noir se débidonne ! Et le grand rire alors aux portes du Cahier !… »

Puis j’ai attendu. J’attends encore. Mon correspondant ne s’est plus manifesté. Un moment, j’ai regretté son silence. Peut-être n’ai-je pas répondu à son attente…

Une revue et des livres…  Cela entraîne des obligations. Au printemps et au début de l’été, les salons se sont succédé. Le 14 juillet, à Courdemanche (72), dans le calme de la vieille église, devant 22 personnes (pas mal quand il s’agit de poésie) je suis venu parler de Georges Jean ; et Nicole Olivier et moi avons lu des poèmes choisi dans ses livres. Une écoute remarquable, un moment d’émotion, comme à chaque fois que la poésie atteint son public. Et l’on se prend à regretter que ces séances ne soient pas plus fréquentes.

 Et, ci-dessous, le salon du livre et des Arts à l’Épine en l’île de Noirmoutier, les 3 et 4 août. (Photo Les écrituriales). Peu de ventes mais des rencontres  comme on aime en faire.

 

Mon amical salut à tous !
Sablé le 25 août 2012,    Claude Cailleau

 

Des nouvelles, maintenant… Salon-de-lÉpine-blog-4-300x225

 

Pas de commentaires à “ Des nouvelles, maintenant… ” »

Fil RSS des commentaires de cet article.

Laisser un commentaire

|