( 3 juin, 2015 )

Juin 2015 – Soleil

Sommaire

1 Des nouvelles de la Revue

2 Serge Wellens

3 Les bonheurs du Web

 

 

Le Cahier 28 est chez l’imprimeur. Sortie prévue au début de juin.

Au sommaire : un auteur, une œuvre : Monique W. Labidoire ; les poèmes d’une douzaine d’auteurs ; deux pages de Michel Passelergue ; les souvenirs d’enfance de Marilyse Leroux et Josette Frey ; dans la rubrique Lire et Relire, les œuvres de Jean-Claude Renard, Bernard Grasset et Michel Butor revisitées par Jean-Pierre Majzer, Jean-Claude Coiffard et Jean-Marie Alfroy –

Enfin, avant la revue des revues, un hommage à notre ami Michel-François Lavaur. Les poètes ne meurent pas. « Prononce simplement mon nom et tu me feras revivre ». Cette phrase, les Égyptiens la faisaient graver , me dit-on, sur la porte de leur tombeau.

Sur la tombe de chaque poète, il faudrait écrire simplement : « Lis-moi et tu me feras revivre ».

Michel-François Lavaur n’est pas mort : il vit dans le texte que je vous invite à lire (relire ?) un peu plus bas dans ces pages  (La Marquise des Angles ) Et dans celui que vous pourrez découvrir en page 59 du Cahier 28 : « Quand le chien meurt ».

 

Serge Wellens… au temps où je ne publiais plus  -  ce qui ne m’empêchait pas d’écrire – je lui envoyais de temps en temps mes textes. Il me disait qu’il les aimait. Je ne le croyais pas jusqu’au jour où il me déclara tout net à propos d’un poème : « Votre « Sisyphe », malgré un beau vers (« et le temps visait mes paroles ») me paraît assez plat » ( !) C’est moi qui ajoute le point d’exclamation. Car j’avais dû bien l’énerver avec ma modestie affichée dans chacune de mes lettres. Cette fois-là je me suis dit : enfin il est sincère ! Il avait raison, c’est sûr ; mais sa bienveillance habituelle et la crainte, sans doute, de m’avoir blessé, l’amenaient aussitôt à compléter son propos par un jugement destiné à flatter l’ego du poète : « …alors que votre blues pour l’enfance perdue est magnifique d’un bout à l’autre et qu’il serait criminel de l’amputer d’un seul vers ». Il était comme ça, Serge. D’une grande humanité. Le « Sisyphe », je l’ai jeté  -  Quant au « blues », il a attendu une dizaine d’années avant que je me décide à le sortir de l’ombre. Trop personnel. Il figure page 60 de mon Cocktail de vie (Éditinter). Je m’y essayais à un rythme particulier, avec des vers de 16 syllabes. Ah ! la musique en poésie – mais…  « c’est ringard, diront certains, de parler de musique à propos d’un poème ».

Serge Wellens, nous le visitions de temps en temps, ma femme et moi au Puits de Jacob,  la librairie d’Annie.

Sur la photo, on le voit feuilletant un livre. Je suis à son côté. À gauche, c’est ma main ; je me préparais à tourner une page. Je ne sais plus sur quel livre nous étions penchés. J’aime beaucoup cette photo du poète -  et le décor, avec les livres.

Wellens (couleur)

 

Les bonheurs du Web

 

Crépuscules  -  Il faut bien en parler un peu  -  a pris un bon départ sur la Toile. Le premier tirage (100 ex) s’épuise. Doit-on prévoir une deuxième centaine ? En poésie, mon best-seller, c’est un livre dont près de 300 ex ont été vendus ! 300 lecteurs en poésie, c’est énoooorme !

Sur le Web, l’on a aussi, parfois, de petits bonheurs. Sous le label « Poèmes à lire » on trouve ceci « Le poème de la quinzaine. Deux fois par mois, une sélection de grands poèmes pour (re)découvrir la poésie de langue française ».

Vous avez bien lu : « de grands poèmes ». Ça flatte l’ego du vieil homme quand il lit, juste dessous, son « D’elle question… »  -  un poème qui a toute une histoire. Publié d’abord en prose par Jean-Marie Gilory dans sa revue 7 à dire, il a été repris dans le recueil Sur les feuilles du temps paru en 2013  -  mais en vers cette fois. Libres, les vers, et coupés pour donner l’impression d’une marche hésitante. Finalement, je le préfère en prose  -  marquant mieux, avec la lenteur de son déroulement, de ses reprises, le jeu des allitérations, un langage répétitif, le cheminement dans la ville mais aussi dans le temps d’une vieille femme enfermée dans ses souvenirs.

Voilà le « grand » poème. Et  -  forçons le trait  -  un ami ne m’a-t-il pas écrit qu’il s’agit là d’un morceau d’anthologie ( !).

 

      D’Elle question…  Narratif 1 (fragment)

 

      Il y a de la pluie, toujours, dans les regards perdus. Des lointains, une voix qui appelle. C’est Elle. Je l’ai vue qui venait sur le revers trouble du jour. Elle. Qui venait, incertaine, qu’apaise un souvenir. Mais s’en va…

      D’Elle question toujours. Ah ! la mémoire !

      C’était en d’autres temps. On ne sait pas. On ne sait plus. Elle marche dans sa peau, tranquille. Vieille, vieille (à la main le panier de roses défleuries, mortes dans le matin). Ah ! le pas qui chemine ! Elle a vécu, longtemps. Longtemps, vieille, vieille. Veille encore dans la ville indifférente. Le bitume… Portait le bouquet de lilas par les rues, pour l’amitié qui passe. Qui a passé. Morte sans doute. Le temps… La ville indifférente, oui. Elle, ses pas la mènent au-dedans d’Elle-même. Autour de l’être qui interroge. Sait-on si le jour se souvient encore ?

      D’Elle question toujours. Ah ! la mémoire !

      Le lit du temps l’accueille. A-t-Elle encore de l’âme ? La ruelle est sombre. Les lampadaires ont fermé les yeux sur la tendresse de la nuit.    Elle, son souvenir chante dans le désert de vivre. Elle boit les mots qui sortent de la plume et passent dans le vent. Et remontent les âges.    L’orage plombe gris velours le ciel sur la maison.

      Entre les doigts, le sable coule, coule, et l’hiver nous oublie. Que dire de ce chant qui venait dans le vent et la pluie brasillante sous le feu de l’orage ? Rien, non rien. Mais…

      D’Elle encore. Oui, d’Elle. Ah !  la mémoire !

                                                                  Claude Cailleau

      Repris ce 3 juin, alors que le thermomètre affiche 25°. Enfin le printemps !

Nouvelle de dernière heure : Je serai au Marché de la Poésie, Place Saint-Sulpice, le vendredi 12 juin. En visiteur. Les stands sont trop chers pour notre petite association. Vous me reconnaîtrez à mon chapeau… Pratique pour dissimuler la calvitie. Ci-dessous, c’était au Printemps de Durcet, chez l’ami Jean-Claude. Sur la table, bien visible : mon Cocktail de vie, un succès de librairie et dans ma main, un peu flou, le fameux Crépuscules, en passe de devenir un best-seller !

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