( 5 octobre, 2011 )

Entretien avec Claude Cailleau

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Si vous voulez voir et entendre Claude Cailleau sur le net, tapez « Claude Cailleau » sur Facebook France 3 Maine, ou sur Youtube.

( 3 octobre, 2011 )

3 octobre 2011

3 octobre 2011 Le jugement de l’auteur…
J’ai relu « Rencontrer Roger Martin du Gard », mis en ligne le 28 septembre. Trop long, sans doute ; j’ai dû décourager un certain nombre de lecteurs. Qu’ils veuillent bien m’excuser : je ne recommencerai pas. Nous sommes tous des gens pressés. Allons à l’essentiel, sans nous attarder en chemin.
Aujourd’hui, l’opinion – discutable, sans doute – du lecteur de poésie que je suis depuis toujours (lecteur qui, de surcroît, écrit aussi ce qu’il croit être de la poésie, occupation périlleuse s’il en fut).

C’est à dire…

Devant un poème, autant de messages, autant de lecteurs. C’est excessif, peut-être. Encore faut-il que le poème vienne de l’être et ne se contente pas de reproduire la réalité. Poètes et peintres du dimanche n’ont d’autre choix que de rester, dans leur œuvre, au contact de la réalité. C’est qu’en eux ils ne trouvent rien qui vaille la peine d’être dit – ou ne savent où le trouver.
J’entends dire d’un poète qu’à ses débuts il a subi l’influence de Baudelaire, de Mallarmé ou de René Char…
De Baudelaire, je ne vois pas comment (à moins, simplement, que notre auteur ne donne dans un archaïque symbolisme. « Quand le symbolisme fut mort… » lisait-on déjà dans Nord-Sud, la revue de Pierre Reverdy. C’était en 1917 !).
De Mallarmé, oui, peut-être, si le poète réussit à se glisser dans un procédé d’écriture ; mais attention : que ce choix n’aboutisse pas à l’artifice, à l’écriture pour l’écriture.
De Char, je ne peux dire, l’ayant peu, ou mal, lu.
A chacun de trouver sa voix. Si le poète, comme le peintre, a besoin de modèles, c’est qu’il y a peu en lui. Peu d’humanité et peu d’originalité. Alors, qu’il n’écrive pas !
Quand je prétends n’écrire que comme moi, l’on ne dit rien, mais l’on m’accuserait volontiers de prétention, d’orgueil, voire de vanité (le paon, en littérature, cela existe). Je ne dis pas que ce que j’écris est excellent et mérite de rester « dans les siècles des siècles ». Je dis que ce que j’écris est moi, et pour cette raison : unique, parce que tout homme est unique. Mais, poète, ce n’est pas à moi de dire que je le suis. Aux jeunes (et parfois plus vieux) auteurs qui se présentent en se donnant ce titre et sollicitent un accueil dans la revue, je suis toujours tenté de répondre : Poète ? laissez les autres en juger. Dans le courrier adressé au directeur des Cahiers, je trouve parfois des propos qui révèlent chez mon correspondant un ego surdimensionné, et j’ai, à chaque fois un mouvement de recul (de méfiance). La qualité première de l’écrivain devrait être la modestie.
Pour revenir à mon sujet… je ne dis pas qu’il faille oublier les poètes qui nous ont précédés ; mais que le souvenir de nos lectures ne vienne pas influer sur l’écriture !
Et… ce n’est pas parce qu’on « compose » des alexandrins ou des octosyllabes rimés qu’on écrit de la poésie. Que le jeune poète ne croie pas qu’il soit plus facile d’écrire en vers libres ; il y faut un rythme (propre à chaque poète), une musique qui vienne de l’intérieur, un « langage dans la langue ». Combien de prétendus poèmes en vers libres ne sont que des successions de lignes, interrompues au hasard, sans raison. Ce n’est pas parce qu’on va à la ligne avant d’être arrivé au bord droit de la feuille qu’on écrit de la poésie.
Mais la poésie, je ne sais pas ce que c’est. Non, je ne sais pas. Peut-être tout simplement une façon différente d’habiter la langue.
Claude Cailleau (4 octobre 2011)

( 28 septembre, 2011 )

Les cahiers de la rue Ventura N°13

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( 28 septembre, 2011 )

Rencontrer Roger Martin du Gard

Aujourd’hui, mardi 27 septembre 2011, remontons le temps :
en novembre 2008, un dossier sur Roger Martin du Gard paraît dans le numéro 2 des Cahiers de la rue Ventura.
Souvenir d’une rencontre avec un écrivain, à travers ses livres, puis dans la réalité.


Rencontrer Roger Martin du Gard
« Le perpétuel contemporain »

Peut-on faire confiance aux hommes pour assurer la survie d’un écrivain – ou plutôt de son œuvre – dans la mémoire collective ?
Demandez à un étudiant candidat à une maîtrise de lettres s’il connaît Roger Martin du Gard, Prix Nobel de littérature : il se peut qu’il vous réponde innocemment qu’il ne l’a jamais rencontré ! Proposez-lui Jean Paulhan et Marcel Arland, qui animèrent la NRF pendant des décennies : probablement des inconnus pour lui. Henri Troyat me disait qu’il avait des doutes sur le devenir de son œuvre, des milliers de pages destinées, selon lui, à s’enfoncer dans le sable de l’oubli. En dehors des traditionnels auteurs du baccalauréat ou de la licence ( Sartre, Camus, Eluard, Aragon et quelques autres), que reste-t-il de ceux qui enchantèrent mon adolescence ? Disparus, oubliés, les Gide, Colette, Jules Romains, Georges Duhamel, Maurice Genevoix, etc. Un poète comme Pierre Reverdy peut être lu, son œuvre étudiée à New-York, Tokio, et rester inconnu à Solesmes où il a pourtant vécu pendant 34 ans !
Chez mes parents, il n’y avait pas de livres. Au cours complémentaire de Sablé où j’ai commencé mes humanités, la culture de mes professeurs avait des limites que j’ai vite découvertes. Il m’a fallu attendre d’entrer à l’Ecole Normale du Mans en 1951 pour découvrir ces écrivains qui allaient m’accompagner dans ma vie, tous les jours. Un élève interne connaît dans sa prison (à l’époque, l’E.N. en était une, avec de rares autorisations de sorties) de longs moments de désœuvrement. Ces heures de liberté devinrent vite pour moi des occasions d’évasion. Dès l’entrée à l’E.N., les élèves-maîtres étaient prévenus de l’existence d’une bibliothèque coopérative à laquelle ils auraient accès en versant une cotisation.
On y trouvait tous les livres des auteurs encore vivants ; tous : j’exagère un peu ; mais on pouvait proposer des achats pour enrichir le fonds. Aucun censeur ne venait nous interdire un titre ! J’ai fait là des découvertes extraordinaires, appris l’existence de Char, d’Aragon, de Queneau, de Ponge, d’Isidore Isou, de Tristan Tzara – je cite au hasard : il y en eut beaucoup d’autres. En mars 1951, Georges Jean, notre professeur de lettres, nous lisait les poèmes à Hélène d’un jeune instituteur poète qui venait de mourir. Dans les livres, je découvrais un univers où l’on pouvait vivre sans les contraintes du quotidien et j’en étais ébloui. Tous les jeudis, à la récréation, enfreignant les ukases, je sortais subrepticement, traversais la rue pour aller acheter Les Nouvelles Littéraires au café-tabac-presse de la Croix de Pierre, et revenais avec du rêve pour la semaine.
C’est dans ce climat de liberté volée et de découvertes inespérées qu’un jour, fouillant dans les rayons de la bibliothèque, je découvris un vieux livre maladroitement relié, sans titre sur le dos, ni sur la couverture (un travail d’amateur, sans doute, pour faire durer un peu plus longtemps un roman lu et relu trop souvent – ce qui ne laissa pas de m’étonner quand je l’ouvris et le feuilletai pour voir si j’y trouverais ma nourriture.)
Cet ouvrage, d’un auteur que je ne connaissais pas, c’était Jean Barois – une édition qui datait de 1946. La date d’impression m’avait frappé parce qu’avec son papier jaune, sec, des temps de guerre, le livre ne payait pas de mine ; mais il allait m’offrir une réflexion originale sur une question qui me hantait depuis quelques années. Cela paraîtra peut-être ridicule si je dis que j’avais des problèmes avec Dieu et la religion. Elève de l’école laïque, j’étais allé au catéchisme, comme on disait ; et j’avais fait ma communion. Mais, à 15 ans, je ne savais plus bien ce que je devais croire. En fait, je ne croyais plus en rien, et ne faisais confiance qu’à moi pour construire mon destin. Ce Jean Barois, qui refusait l’idée d’un Dieu et se surprenait à réciter un « Je vous salue, Marie » en voyant son fiacre rouler vers l’accident, qui en son âge mûr prétendait ne plus croire en Dieu, mais qui, ayant vieilli, revenait à la religion de son enfance : ce personnage avait, pour l’adolescent plein d’interrogations que j’étais, quelque chose de dérangeant.
Georges Jean nous avait dit que Roger Martin du Gard passait une partie de l’année au Tertre, à Bellême, dans l’Orne. Je ne saurais dire comment me vint l’idée d’écrire à cet auteur qui s’était penché sur les problèmes dans lesquels je me débattais. Je n’ai pas gardé trace de cette lettre , dont le style devait être bien maladroit. Mais il faut croire que j’avais su toucher le vieil homme : le 12 avril 1955, je recevais une lettre de deux pages sur un papier beige, avec en tête : 10 rue du Dragon – Paris VIème , adresse de l’appartement parisien de R.M.G.
Je l’ai gardée, cette lettre, comme toutes celles qui suivirent. « Cher Monsieur, je suis sensible à votre jeune sympathie… » mais « je suis un vieil ours qui se laisse difficilement approcher ». Suivaient – je lui avais dit que je commençais à écrire – des conseils, et une mise en garde qui m’amuse aujourd’hui. J’avais dû dans ma lettre évoquer Gide, dont je lisais Les Nourritures terrestres avec délectation : « Je profiterai de l’occasion pour vous mettre en garde contre les dangers que présente, pour un jeune écrivain, une trop exclusive admiration pour le style d’André Gide. » Ma vieille expérience, acquise avec les années, me fait reconnaître qu’il avait raison. Ce qui ne m’empêche pas d’admirer la phrase de Gide, son élégance, sa préciosité ; l’art de l’auteur, aussi, d’employer l’imparfait du subjonctif !
R.M.G. avait, en 1955, autre chose à faire que de correspondre avec un gamin qui commençait à explorer son œuvre. D’autres lettres suivirent, pourtant, qui toutes reçurent réponses. Un dialogue peu à peu s’établit. Que pouvais-je bien lui raconter ? Ma vie était si terne, si monotone, si peu intéressante. Lui se plaignait beaucoup : « J’ai été malade tout l’hiver : troubles de circulation veineuse, phlébites, érésipèle… et je suis assez mal en point pour l’instant. » Simplicité de l’échange, petite faiblesse des grands, d’aimer qu’on les plaigne. De « Cher Monsieur », R.M.G. était passé à « Cher ami ». Mesurais-je combien le terme pouvait être flatteur ? Toujours est-il que le 13 septembre 1955 je recevais une lettre qui me mit en joie et m’effraya en même temps : « Voulez-vous profiter de ce beau septembre pour que nous fassions connaissance ? Choisissez un jour très prochain et venez déjeuner au Tertre, vers midi. »
Bellême est à 120 km de Sablé. Les voitures étaient rares à cette époque. Je n’avais qu’un vélomoteur, que j’utilisais pour mes petits déplacements. R.M.G. m’avait conseillé de retarder ma visite si le temps était à la pluie. Je pense qu’il devait faire beau ce jour-là. Ce que fut cette rencontre, je l’ai écrit dans mon journal et cette page fut publiée par Jacques Brenner dans Les Cahiers des Saisons après la mort de l’écrivain. Je préfère reprendre ici le texte de la lettre à un de mes amis, dans laquelle j’évoquais, quarante ans après, cette visite.
« J’arrivai au Tertre vers midi, accueilli par l’écrivain et Marie Rougier, un professeur de Nice qui l’aidait à mettre de l’ordre dans ses manuscrits pour l’édition de la Pléiade. J’ai sonné au portail. R.M.G. et la femme sont sur le seuil, curieux sans doute de voir cet adolescent qui prétend avoir aimé Jean Barois. La chose a dû les étonner. D’emblée, ce qui me frappe, hormis la taille et la corpulence, imposantes, de l’écrivain – moi, en 1955, je suis mince comme un fil – c’est qu’il est chaussé de charentaises trouées au bout, qu’il ne quittera pas de la journée et qui lui donnent une démarche de bon nounours…
Repas. Café pris dans la bibliothèque, où les livres couvrent les murs jusqu’au plafond. Puis nous passons dans la pièce de travail. Aux murs, des photos de Gide, de Rimbaud… pour autant que je m’en souvienne. Et des papiers, partout ! Des feuilles blanches, au grain fin mais visible, couvertes d’une écriture qu’encore aujourd’hui je reconnaîtrais entre mille. L’encre noire me semble donner aux textes un sérieux, une authenticité qui, dans l’instant m’impressionnent. Comme me frappe la place occupée par ces textes dans la page. Une colonne étroite au milieu, des lignes espacées, des marges immenses de chaque côté, où surgissent les corrections. R.M.G. devait revenir souvent sur ses textes. Mais l’on voyait aussi de nombreuses marges vierges, révélant qu’à certains moments l’écriture s’était faite plus facile, ou que ces passages, il ne les avait pas encore repris. J’observais tout cela avec surprise, moi qu’on avait habitué à ne pas gaspiller le papier, comme on ne gaspillait pas le pain dans mon enfance… Quant à Martin du Gard, il devait observer avec curiosité ce garçon presque imberbe que n’avait pas découragé le refus courtois de sa première lettre. Et je ne doute pas qu’il ait pris un peu de plaisir à cette rencontre… »
Deux choses encore, concernant cette journée mémorable. « Je n’étais pas là depuis une heure que je lui racontais ma vie… » écrit Jacques Brenner évoquant sa première visite à R.M.G.
Et moi, dans Les Cahiers des Saisons : « Pendant tout ce temps, il va procéder, par le biais de la conversation, à une investigation de ma vie et de mes pensées que je jugerais plus qu’indiscrète si je n’avais affaire à lui. »
Jean Tardieu confirme : « Et toujours cette gentillesse de grand seigneur : paraître s’effacer devant le visiteur, feindre de n’être qu’oreilles et curiosité, l’interroger sur sa vie, sa carrière, les soucis les plus humbles. »
Je garde à l’auteur des Thibault une reconnaissance que je ne dois à nul autre. L’aide qu’il m’apporta par la suite était tout à fait désintéressée. Jusqu’à sa mort, il resta attentif à mes essais pour entrer en littérature. C’est lui qui m’introduisit dans le cercle des écrivains publiés par Jacques Brenner dans Les Cahiers des Saisons, qui paraissaient chez Julliard. Quand il apprit que mes poèmes allaient paraître dans la revue, il m’écrivit pour me féliciter et m’encourager : « Peut-être ne vous rendez-vous pas compte de votre veine… C’est une revue qui a derrière elle tout le groupe des Editions de Minuit… des types difficiles, exigeants, assaillis d’offres de manuscrits. Ne vous imaginez pas que c’est à cause de moi qu’ils vous ont d’emblée accueilli. S’ils n’avaient pas jugé bons vos poèmes, croyez bien qu’ils n’auraient pas hésité à vous laisser dans l’ombre… »
L’écrivain débutant, qui doutait de lui – malgré les années cela n’a pas changé – avait bien besoin de ces paroles chaleureuses. Il faut dire que les sommaires des Saisons me faisaient pâlir d’émotion. Je voyais mon nom à côté de ceux de Jean-Louis Bory, Henri Thomas, Bernard Noël, André Dhôtel, Jean-Louis Curtis, Bernard Frank… Je pouvais aussi y lire des pages d’un écrivain qui a excellé dans des registres très différents et avec lequel j’ai beaucoup échangé, par lettres et de vive voix – qui obtint le Grand Prix de l’Académie Française dans les années 80 – je veux parler de Jacques Brosse, dont le souvenir veille en moi depuis que je suis allé le voir dans sa demeure campagnarde, près du site magdalénien.
R.M.G. essaya aussi, mais sans succès – il ne vécut pas assez longtemps pour cela – de me guider vers une collection de poésie qui paraissait chez Gallimard et accueillait de jeunes auteurs. Sans son aide, je n’osai pas proposer mes manuscrits. Un autre éditeur, Julliard, m’attendait – si je peux dire – qui publia mon premier roman, Stef et les goélands, en 1971. Il m’arrive de me demander où j’en serais si je n’avais pas fait ce break de 25 ans dans les années 70, 80, 90 – break qui m’éloigna trop longtemps des sphères littéraires et de Paris. J’en ai quelquefois des regrets…
Du journal que je tenais pendant ces décennies, rien n’est resté, si ce n’est quelques feuillets et deux cahiers qui échappèrent au feu allumé dans ma brouette de jardin où j’avais jeté des centaines de pages, les trouvant trop intimes pour être conservées. Dans ces textes partis en fumée devaient se trouver de nombreux passages consacrés à Roger Martin du Gard, qui restait un de mes auteurs de chevet.
Un article, cependant, date de cette période : en 1972, Robert Guillier, le directeur du Courrier de l’Ouest, qui proposait dans son journal une page hebdomadaire sur les livres, m’avait demandé d’y parler de R.M.G. Pour répondre à son attente, je repris contact avec Christiane, la fille de l’écrivain et, quelques jours plus tard, elle me recevait au Tertre, 17 ans après ma première visite.
De l’article qui parut dans Le Courrier de l’Ouest, je tire ces lignes :
« Le Tertre ! Une grande maison flanquée de deux ailes, au bout de ce chemin de terre qui n’en finit pas de s’étirer sous les grands arbres… La bibliothèque est impressionnante : des milliers de volumes reliés qui habillent les murs jusqu’au plafond. Elle n’a pas changé. En fermant les yeux, on pourrait croire entendre le pas feutré de l’écrivain venu prendre, comme en 1955, le café avec Marie Rougier et son jeune visiteur… Ouvrant sur la bibliothèque, la pièce de travail. J’y retrouve l’étroit rayonnage où sont rangées les œuvres de R.M.G. et sur lequel il prit un exemplaire de Vieille France pour me l’offrir en souvenir de ma visite. Rien n’a changé. Christiane Martin du Gard a seulement accroché aux murs photos et tableaux représentant son père… » (Ce père avec lequel elle ne s’entendait pas vraiment bien.)
J’ouvre ici une parenthèse : Marie Rougier, qui travaillait avec R.M.G. quand je fus reçu au Tertre en 55, et qui parut vieille au jeune visiteur, n’avait que 54 ans ! Elle est décédée, presque centenaire, en 1998. Sans elle, ai-je lu quelque part, il est probable que R.M.G. n’aurait pas eu le désir de relire et de trier les textes qui allaient figurer dans les Souvenirs autobiographiques et littéraires de la Pléiade.
Je ne reproduirai pas ici tout l’article du journal, qui couvrait une pleine page. J’y parlais aussi de ce Maumort, dont je connaissais l’existence mais qui n’allait paraître que dans les années 80. J’ai bien sûr acquis, dès que mon budget livres me l’a permis, les deux volumes de ses œuvres dites complètes dans la Pléiade – et Maumort en 83, curieux de connaître ce livre qui avait occupé les dernières années de la vie de l’écrivain. Je me rappelle que m’avait frappé, lors d’une première lecture, l’authenticité de ces personnages, si proches du réel. Qu’au début de son livre le vieil écrivain ait su faire vivre ces adolescents avec leur sensualité et l’ambiguïté de leurs rapports continue de m’étonner, comme m’étonne l’audace avec laquelle il a évoqué l’homosexualité de ses personnages. Dans la préface du livre, André Daspre justifie l’importance de la sexualité dans l’œuvre par le fait que la seule partie achevée du roman se situe avant la 25ème année de Maumort, et ajoute que ce détail suffisait à inquiéter R.M.G. autant que le rassurait la pensée que l’œuvre serait posthume. Dans l’ouvrage achevé, l’adolescence du personnage n’aurait représenté qu’une partie de l’ensemble – impossible à évaluer avec précision, mais partie seulement.
L’écrivain avait peur, ai-je lu, qu’on le prenne pour un vieil obsédé ; aussi André Daspre écrit-il dans son introduction : « Il est clair que ce roman, inégalement achevé, ne peut pas être publié sans explications. » Et de les fournir pour éclairer les intentions de l’auteur.
Je ne m’étendrai pas plus sur Maumort, et me contenterai, pour parler du journal, paru en 92 et 93, de reprendre les pages que je retrouve dans mes propres cahiers des années 95 et suivantes. Dans l’introduction au premier volume de mon journal, datée 5 octobre 1995, je trouve ces lignes :
« …j’ajoute, moi qui me suis toujours intéressé aux œuvres personnelles, aux autobiographies, aux essais intimes, que je me suis accordé un droit de réserve, ôtant de mon journal tout ce qui avait trait à ma vie privée. Ce qui fait qu’il n’est pas certain qu’on me trouve dans les textes qui suivent, si l’on se contente d’une lecture au premier degré. Je me rappelle mon attente impatiente du Journal de Roger Martin du Gard pendant des années. Et ma déception lors de la parution du premier volume en 1992. L’irritation n’a fait que croître avec les deux tomes suivants : là où j’attendais un journal littéraire, je lisais, à travers textes et lettres, le récit de la vie intime de l’écrivain, sa mésentente progressive avec sa femme et surtout sa fille – des querelles dans lesquelles je n’étais pas toujours tenté de donner raison à l’auteur du journal. Bien sûr, au milieu de tant d’accusations, de récriminations, il y a la vie littéraire du temps, dont R.M.G. parle avec clairvoyance, une réflexion sur la genèse de son œuvre, et des pensées sur l’existence, que je fais volontiers miennes. Mais je ne crois pas que les querelles familiales ajoutent beaucoup à sa gloire. »
Premier rappel d’une impression trop vive pour être oubliée. En revanche, le 17 mars 1996, j’écrivais, nuançant le propos :
« Relecture, partielle évidemment, du Journal de Martin du Gard. Etonné d’y trouver plus d’intérêt que lors de sa parution. Y compris dans les pages évoquant les problèmes du couple et de sa fille. Mais Dieu, que la vie devait être difficile, aussi bien pour l’un que pour l’autre ! (Et comment ne pas penser à l’étrange et hasardeux rapprochement, pour une vie de déchirements, de deux êtres aussi différents que le furent André Gide et sa femme, Madeleine Rondeaux ?… Et au désespoir de l’écrivain quand son épouse lui avoua avoir brûlé toutes les lettres qu’il lui avait adressées ! Hélène Martin du Gard n’en vint pas à cette dernière extrémité.) »
Le 31 décembre 1942, R.M.G. écrit : « J’entre dans ma soixante-deuxième année… le sentiment du vieillissement existe bien dans les petites choses ; mais contrebattu par une telle négation de tout l’être, un si fort sentiment de la pérennité, de l’unité de la personne… » Qui n’a pas, un jour, éprouvé ce sentiment ? Je me souviens des lettres qu’il m’adressait dans les années 50 et qui étaient pleines de l’évocation de ses ennuis de santé. J’ai toujours à la mémoire les dernières lignes de son livre Notes sur André Gide : « Il faut lui savoir un gré infini d’avoir su mourir aussi bien. » Il a accompagné son vieil ami à ses derniers moments et sa sérénité l’a impressionné.
Le 3 novembre 2003, je revenais encore au Journal :
« Ressorti le journal de Roger Martin du Gard – trois gros volumes cartonnés sous chemise ivoire. Amusé par la présentation de Sicard, qui commence par l’évocation de l’homosexualité de R.M.G. Celui-ci est, nous dit le préfacier, « troublé par la nudité masculine », mais ne « se livre à l’acte » que « par procuration » ! Au contraire de son ami Gide. (Il n’est que de relire Si le grain ne meurt, mais aussi L’envers du journal de Gide par François Derais, qui prétend rétablir la vérité sur des passages datés 1943. Edifiante lecture !)
A sa fille, R.M.G. déclare : « Ta mère a beaucoup et silencieusement souffert, à cause de moi, à cause de nous. J’estime qu’il faut qu’on le sache, et j’aurais honte de le cacher. » Curieuse attitude ! Il faudrait pouvoir fouiller dans le labyrinthe de la pensée de l’auteur pour comprendre. Je n’essaierai pas. Pourquoi, du fait qu’il est un écrivain, devrait-on tout connaître de sa vie privée ?Je n’aime pas me transformer en voyeur là où je vois poindre le masochisme… Et que penser de ce souci de R.M.G. : « J’ai demandé qu’il (le journal) demeure à l’abri de toute investigation jusqu’au décès de ma fille. » Ce souhait-là me confond ! »
Parcourant mon journal, je m’arrête aussi, à la date du 16 octobre 95, sur cette phrase : « Le meilleur écrivain est celui qui se fait oublier. Comme Roger Martin du Gard dans les Thibault. Je veux dire que si j’ouvre Le Cahier gris ou La Consultation, par exemple, et que je commence à lire, une demi-heure après j’y suis encore. Je ne me suis pas aperçu que je lisais, ni que le temps passait. L’auteur s’est effacé derrière l’œuvre. Miracle de la lecture, quand on a affaire à un véritable écrivain ! »
Et justement je retrouve, page 1059 de Maumort, dans la Pléiade, cette note de R.M.G. qui ne dit pas autre chose : « L’important n’est pas qu’une page soit écrite d’un premier jet ; mais que le travail de retouche soit poussé assez loin pour que les retouches réussissent à effacer toute trace de retouche, et pour que, à force de travail, le style ait l’aisance, le courant vif de la spontanéité. » Ironie, volontaire ou non, cette phrase, qui va de retouche en retouche, aurait selon moi mérité la retouche… (mais ce n’est qu’une note, et peut-être l’écrivain a-t-il voulu la laisser telle quelle, brute de pensée, sans retouches.)
Deux pages plus loin dans mon journal (entrée du 25 octobre) je lis : « Un coup d’œil avant de partir à ce gros livre (732 pages) tome 1 de la Correspondance Gide-Martin du Gard. J’étais debout devant le rayonnage : mon regard est tombé sur le dos de ce volume, piqueté de taches brunes. Moisissures ? Colle en transparence ? (C’est fréquent sur les livres anciens des Editions Gallimard, dont la colle vieillit mal.)
Un coup d’œil, donc, et je me retrouve avec le livre sur la table, devant la lettre de Gide datée du 11 mars 1931. Grande discussion entre les deux amis pour savoir si Léandre et Amalia, le frère et la sœur de Confidence africaine pouvaient engendrer un enfant normal, sain, vigoureux, malgré la consanguinité. Et Martin du Gard de citer, dans sa lettre du 17 mars, des exemples de chiens et de chevaux ! Puis de revenir à ses personnages : « Mais laissons là ces quadrupèdes… »
Ah, la magnifique conversation ! Quelle dignité ! Quels égards ! (Je note au passage qu’alors que Copeau et R.M.G. se tutoient, avec Gide, jusqu’à la fin, le vouvoiement laissera une sympathique distance, génératrice de courtoisie et d’égards.) Quelle richesse, aussi, dans le dialogue ! On en reste coi, le livre toujours sur la table. On tourne les pages. L’heure passe… Il faut partir. Des écrivains comme ces deux-là, il n’y en a plus ! Gide et Martin du Gard : les deux vieux complices de ma jeunesse. Mais qu’y avait-il derrière ce dialogue ? Je revois une photo… Martin du Gard avec ses amis, assis sur la terrasse du Tertre… (un passage censuré) … et je me rappelle certaines pages de Maumort. »
Encore ceci, tenez, sur une feuille datée du 20 mars 1989, réchappée de l’autodafé de 95 : « Rouvert un bouquin (poussiéreux) sur Roger Martin du Gard. On le voit…(un passage censuré)… affalé sur un fauteuil. J’ai toujours pensé que l’écrivain était obsédé par les choses du sexe. En témoignent l’amitié amoureuse de Jacques et Daniel adolescents dans Les Thibault, l’exhibitionnisme du jeune Guy dans Maumort, l’émoi de la vieille fille voyeuse devant le sexe d’un jeune garçon dans Vieille France, les relations incestueuses de Confidence africaine, etc. En un temps où le monde bien-pensant condamnait Gide et Colette pour leurs livres un peu sulfureux, Martin du Gard poursuivait tranquillement son œuvre bourgeoise. »
Le 20 juillet 99, une brève analyse d’un passage des Thibault montrerait, s’il en était besoin, que l’auteur reste bien présent dans l’intellectuel de ma vie. Je cite encore : « Heureux de retrouver, dans le journal d’Antoine qui termine Les Thibault, cette idée que je notais dans mon journal de 95 : « Longue insomnie, dominée par la pensée de tout ce que la mort d’un individu entraîne dans l’oubli. » Et tout de suite après, étonné de lire cette affirmation contredite par le personnage : « Mais non… la mort entraîne peu de chose dans le néant, très peu. » C’est le désespoir d’Antoine qui s’exprime là, non la conviction de l’auteur. Ainsi doit-on interpréter la phrase. Martin du Gard affirmait, en 1918 : « Le secret de ma vie, le mobile de tous mes efforts,… la flamme essentielle de ma vocation d’artiste … c’est la peur de la mort, la lutte contre l’oubli, contre la poussière, contre le temps !… » Celui qui parle ainsi est conscient de ce qu’il apporte au monde et, conséquemment, désireux que son message lui survive.
Poursuivant la lecture d’un des Cahiers de la NRF consacré à l’écrivain, je m’aperçois que Renée Fainas Wehrmann, dans son article Le Journal dans la vie et l’œuvre de R.M.G., fait la même analyse que moi de la sexualité de Martin du Gard…(un passage censuré)…On se convaincra que R.M.G. a eu toute sa vie des rapports ambigus avec sa sensualité, qu’il brûlait de libérer ; mais que son éducation bourgeoise et la prudence l’en dissuadaient à chaque instant. Qu’on se penche sur Maumort : les aveux y abondent, masqués par la fiction inhérente au roman. »
Je me suis contenté de recopier ces pages de journal, laissant à leur auteur – moi en l’occurrence – la responsabilité de ses propos, qui à l’origine n’étaient pas destinés à la publication. Il en est toujours ainsi du journal. Disons que je n’ai pas voulu tricher en modifiant ces textes. Mais il est évident que l’homme évolue, qu’il ne cesse de creuser dans le lit des œuvres et des commentaires qui en sont faits, et… qu’il peut ne plus cautionner aujourd’hui les propos qu’il tenait hier…
Il n’est pas beaucoup d’époques où je ne sois revenu à Roger Martin du Gard. Nombreuses dans mon Journal les pages où son nom apparaît – que ce soit à propos de l’autobiographie, dont il se méfie (« … une autobiographie, même sincère, … reflète toujours une acceptation de soi-même qui, sans aller jusqu’à la complaisance, reste imprégnée de la sympathie intime, secrète, inaltérable, qu’on a pour soi. ») ou bien de l’âge qui vient, qui nous vient à tous (« On est devant sa propre vieillesse comme devant un phénomène si inconcevable qu’on n’y peut pas croire. ») Parfois, c’est une brève note de lecture parce que le hasard a voulu que je reprenne un de ses livres pour y retrouver un plaisir éprouvé il y a plus de cinquante ans.
Je pense à Olivia, ce livre de Dorothy Bussy, la traductrice de Gide en anglais – livre rédigé dans la langue de Shakespeare et traduit en français par son auteur, réécrit par R.M.G., ai-je lu quelque part. Peut-être les hasards de la rédaction de ce livre en français se trouvaient-ils exposés dans mon exemplaire, que je n’ai pas retrouvé, perdu dans les milliers de volumes de ma bibliothèque. Curieux travail que cette traduction, qui fait penser au rewrighting bien connu des éditeurs affrontés à des apprentis écrivains qui ne savent pas écrire…
Je pense surtout à Vieille France, dont parle si bien Jean Schlumberger dans l’hommage à R.M.G. publié par la NRF en décembre 1958 : « Toute sa vie il garda un faible pour cet ouvrage né dans l’euphorie. » Quant à Martin du Gard lui-même, il affirmait : « C’est le seul de mes livres que je consentirais à republier sans y rien changer. » Or il se trouve que c’est Vieille France que R.M.G. prit dans sa bibliothèque pour l’offrir au jeune visiteur qui était venu lui parler de Jean Barois en 1955. Ce choix, il me plaît de penser qu’il n’était pas anodin. Et je ne regarde pas sans émotion la dédicace, qui date maintenant de plus de cinquante ans : « A Claude Cailleau, en souvenir de sa visite au Tertre, avec mes amitiés »…
Maumort vient d’être réédité, dans la collection blanche de Gallimard. Edition « revue et corrigée », nous dit-on. Que peut-on attendre, qui n’était pas dans le volume de la Pléiade, lequel date de 1983 ? Le livre arrive bien, en cette année 2008, cinquante ans après la mort de l’écrivain : espérons que les jeunes lecteurs se pencheront avec curiosité sur cette œuvre inachevée, mi-ombre, mi-lumière.
Qu’en sera-t-il du Journal, dont « la manière limpide et fraternelle nous restitue sans apprêt la voix et la présence de Martin du Gard, dans un monde traversé d’orages et saturé de tragédies » et « nous réconcilie avec la vie – et avec nous-mêmes ». (Claude Sicard)
Je terminerai par ce propos, le dernier de l’introduction rédigée par Cl. S. pour la première édition du Journal.
C’est Malraux qui, parlant de R.M.G., disait à Gaston Gallimard : « Sa présence a la vertu de rendre autrui extraordinairement existant… Quand on le quitte, on est content de lui, mais surtout on est ravi de soi ». Je l’étais, moi aussi, en septembre 1955, quand je repartis, accompagné jusqu’à la grille, je me souviens, par l’écrivain et Marie Rougier.
Les livres perpétuent la présence de leur auteur après sa mort. Qu’aurait pu ajouter Roger Martin du Gard, de son vivant ? Peut-être ce conseil : « Toi qui viendras quand je ne serai plus, lis-moi et tu me feras revivre. »
Sablé, le 11 juin 2008
Claude Cailleau

( 21 septembre, 2011 )

A venir

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Claude Cailleau, directeur des cahiers de la rue Ventura

Bientôt, le sommaire du numéro 13 des Cahiers de la rue Ventura et quelques articles…

( 21 septembre, 2011 )

Bienvenue sur mon blog !

Ouvert ce dimanche 18 septembre 2011, il est destiné à vous informer sur la revue que j’ai créée en 2008 : Les Cahiers de la rue Ventura.  

Avant le premier numéro d’une revue, il y a toujours une histoire. Mon parcours littéraire commence dans les années 50. Il a été jalonné de rencontres et d’échanges avec Roger Martin du Gard, Marcel Arland, Henri Troyat, Hervé Bazin, Julien Gracq, et beaucoup d’autres. 

Je dirai plus loin dans quelles circonstances. Les années ont passé, ces écrivains sont tous morts, entrés dans le silence. En 1986, Henri Troyat me disait qu’il ne croyait pas à une postérité pour son œuvre ; quelques années après sa mort, je constate, désolé, qu’il ne se trompait pas. 

Une revue, c’était peut-être le moyen de faire rouvrir les livres que j’avais aimés, des livres dont les jeunes de maintenant ignorent l’existence et que les lecteurs plus âgés ont oubliés. Un devoir de reconnaissance, aussi, envers ceux qui m’avaient accueilli. 

 

En amont, il y a toujours une histoire, disais-je ; la mienne commence à 15 ans par une boulimie de lecture et de timides essais d’écriture.  Je lisais André Gide, François Mauriac, Colette, Martin du Gard, Montherlant, Julien Green, mais aussi Georges Duhamel, Pierre Benoit, Gilbert Cesbron, etc. Et des poètes : Aragon, Eluard, Queneau, Bosquet, Cadou… 

Je publiais de la poésie dans les revues des années 50 et 60, puis ce fut un roman aux Editions Julliard, avant un break de près de 30 ans pour faire autre chose. En 1999, retour aux publications avec de la poésie, un roman, une biographie (de Pierre Reverdy). 

 

Et… en juillet 2008, j’écris, seul, tous les textes du n° 1 des Cahiers de la rue Ventura (consacré, celui-ci, à Julien Gracq). Le dossier se compose d’une biographie, de l’évocation de nos échanges ; suit un étrange texte que j’intitule « Bio-photos, photos-bio » (description de photos de l’auteur à 10 ans, 20 ans, 40 ans, etc. – l’écrivain regardé par son lecteur) ; pour finir, je complète avec les fragments de mon journal dans lesquels je faisais écho à la sortie des livres de Gracq. Une quarantaine de pages. C’est à la fois modeste et ambitieux. 

Puis je fais savoir que je viens de créer une revue ! Très vite les amis vont me rejoindre et les Cahiers trouver leurs abonnés qui – c’est remarquable en cette période de crise – nous restent fidèles. 

 

Nous avons fêté cet été le début de la 4ème année en préparant une anthologie des poètes publiés depuis les débuts ; elle couvrira les numéros 13 et 14. 

Une soixantaine d’auteurs composent maintenant le cercle des amis des Cahiers. Un comité de lecture m’aide dans le choix des textes à publier ; des amis écrivains lisent les ouvrages reçus en service de presse et rédigent les notes de lecture. 

Peu à peu, Les Cahiers de la rue Ventura se sont fait une place dans le paysage littéraire des petites revues. 

 

 

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Les Cahiers de la rue Ventura 

 

présentent dans chaque numéro : 

 

- un dossier sur un écrivain du 20ème siècle, 

 

- des poèmes d’auteurs contemporains, 

 

- des pages d’autobiographie, 

 

- des études sur des écrivains ou des mouvements littéraires, 

 

- des chroniques sur l’art (poésie, peinture, musique…), 

 

- des notes de lecture. 

 

Les Cahiers, à parution trimestrielle, sont gérés par « Les Amis de la rue Ventura », association loi 1901, reconnue d’intérêt général et sans but lucratif (habilitée à délivrer des factures), 

et dirigés par Claude Cailleau, poète, romancier et essayiste (auteur, entre autres, d’une biographie de Pierre Reverdy et de nombreuses études sur les écrivains du 20ème siècle, parues dans des revues).

 

Le numéro : 6 euros 

L’abonnement : 22 euros pour 4 numéros. 

 

Pour tout renseignement sur les Cahiers, adresser un mail à 

 

       cl.cailleau@worldonline.fr 

 

ou : cl.cailleau@aliceadsl.fr 

 

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Les dossiers des Cahiers 

 

 


N° 1 : Julien Gracq 

 

N° 2 : Roger Martin du Gard 

 

N° 3 : Marcel Arland 

 

N° 4 : Jean Joubert 

 

N° 5 : La poésie 

 

N° 6 : Le récit d’enfance 

 

N° 7 : Hervé Bazin 

 

N° 8 : Pierre Reverdy 

 

N° 9 : L’art… 

 

N° 10 : Serge Wellens 

 

N° 11 : Les jeunes et la poésie 

 

N° 12 Henri Heurtebise 

 

N° 13 : Anthologie 

 

 


  

Ont collaboré aux Cahiers : 

 

Jean-Marie Alfroy, Michel Baglin, François Baillon, Claude  Barrère, Jacques Basse, Gilles Baudry, Jean-Louis Bernard, Sandrine Bernard, Jean Billaud, Jacques Boislève, Jean-Pierre Boulic, Christian Bulting, Jacques Canut, Francine Caron, Anne Certain, Jean Chatard, Arlette Chaumorcel, Henri Chevignard, Gérard Cléry, Jean-Claude Coiffard, Michel Cosem, Chantal Couliou, André Doms, Philippe Fouché-Saillenfest, Colette Gibelin, Jean-Paul Giraux, Joël Glaziou, Matthieu Gosztola, Bernard Grasset, Nicolas Grenier,  Roland Halbert, Odile Hervé-Bazin, Henri Heurtebise, Richard Huet, Georges Jean, Gaëlle Josse, Jean Joubert, Christophe Journet, Monique Labidoire, Gilles Lades, Aline Langlassé, Jacques Lardoux, Gérard Le Gouic, Suzanne Le Magnen, Philippe Lejeune, Michèle Lévy, Béatrice Libert, Alice Ligier, Ysabel Lorans, Jacques Lovichi, François Magne, Jeanne Maillet, Jean Maison, Jean-Paul Mestas, Etienne Monnier, Roland Nadaus, Robert Nédélec, Valérie Neveu, Françoise Nicol, Gérard Paris, Michel Passelergue, Jean Pichet, Ludmilla Podkosova, Joël Poiret, Morgan Riet, Robert Sabatier, Christian Saint-Paul, Claude Serreau, Olivier Shesne, Eric Simon, Bruno Thomas, Bernadette Throo, Jean-Pierre Thuillat, Jean-Max Tixier, Philippe Veyrunes. 

 

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( 17 septembre, 2011 )

Bonjour !

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Vous êtes sur le blog de Claude Cailleau, directeur de la revue « les Cahiers de la Rue Ventura ».

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