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	<title>Claude Cailleau</title>
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	<description>Bienvenue sur mon blog</description>
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		<title>Bonjour,</title>
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		<pubDate>Mon, 14 May 2012 08:20:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>clcailleau</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; Vous êtes sur le blog de Claude Cailleau, directeur de la revue « les Cahiers de la Rue Ventura ».]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: comic sans ms,sand;font-size: medium"><a href="http://clcailleau.unblog.fr/files/2011/09/img1000.jpg" rel="lightbox[41]"><img class="aligncenter size-thumbnail wp-image-4" src="http://clcailleau.unblog.fr/files/2011/09/img1000.vignette.jpg" alt="Bonjour, img1000.vignette" width="112" height="150" /></a></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: comic sans ms,sand;font-size: medium">Vous êtes sur le blog de Claude Cailleau, directeur de la revue « les Cahiers de la Rue Ventura ».</span></p>
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		<title>Mai 2012 – Voici le sommaire pour cette nouvelle page, qui s’est fait un peu attendre</title>
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		<pubDate>Mon, 14 May 2012 08:17:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>clcailleau</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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		<description><![CDATA[1 – Complément d’information sur « Les Nymphes de l’océan » et sur le dépliant « Traces » (prix et adresse pour commander ces livres) 2 – Les poètes du Cahier n° 15, paru en mars (Si vous voulez le commander, dépêchez-vous : il ne reste plus que 7 exemplaires.) et du n° 16, à venir… 3 – La réaction [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><img class="aligncenter size-medium wp-image-81" src="http://clcailleau.unblog.fr/files/2012/05/marine3_modifié-1-203x300.jpg" alt="Mai 2012 – Voici le sommaire pour cette nouvelle page, qui s’est fait un peu attendre marine3_modifié-1-203x300" width="203" height="300" /></p>
<p style="text-align: justify">1 – Complément d’information sur « Les Nymphes de l’océan » et sur le dépliant « Traces » (prix et adresse pour commander ces livres)</p>
<p style="text-align: justify">2 – Les poètes du Cahier n° 15, paru en mars (Si vous voulez le commander, dépêchez-vous : il ne reste plus que 7 exemplaires.) et du n° 16, à venir…</p>
<p style="text-align: justify">3 – La réaction de Jean-Marie Alfroy, membre du Comité de rédaction des Cahiers, à la lecture du texte « Vous avez dit Poésie ? » paru dans le n° 9. Vous pouvez recevoir ce numéro contre 6 euros, à l’ordre des Amis de la rue Ventura.)</p>
<p style="text-align: justify">4 – Une « lettre ouverte à un vieux poète ». (Ce texte est paru dans « Les Brèves », le bulletin des Editions du Petit Pavé, en 2005, mais je pense qu’il reste d’actualité.</p>
<p>5 – Le programme des prochains Cahiers.<strong>  </strong></p>
<p>6 – Quelques événements littéraires…</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>1 – Les Nymphes de l’océan, </strong>roman pour enfants à partir de 8 ou 9 ans (cela dépend de la maturité des lecteurs)</p>
<p>J’annonçais sa sortie, la possibilité de le commander aux « Amis de la rue Ventura » ; et, le 20 avril, je reçois ce message :</p>
<p style="text-align: justify">« Tout cela est bien beau, mais à quelle adresse envoyer les 12 euros ? Notre fille souhaiterait avoir votre livre pour son anniversaire… »</p>
<p style="text-align: justify">Si je n’avais pas donné l’adresse, c’est qu’elle figure un peu plus bas dans les pages du blog.  Donc… voici les précisions demandées :</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Les Nymphes de l’océan, </strong>ce sont les  lettres que Marine (10 ans) envoie à son amie Océane partie aux Etats-Unis. À travers ces lettres, les relations, parfois conflictuelles, dans une famille, la vie d’une classe, l’amitié, la naissance de l’amour, et… l’intervention dramatique du destin…</p>
<p style="text-align: justify">Vous pouvez commander le livre aux</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Amis de la rue Ventura  -  9 rue Lino Ventura  -  72300 SABLE-SUR-SARTHE</strong></p>
<p style="text-align: justify">Contre un  chèque de 12 € à l’ordre des Amis de la rue Ventura (le port est compris)</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Et je profite de l’occasion pour rappeler que <strong>le dépliant « Traces »</strong> (trois réécritures d’un poème) illustré par Marie-Thérèse Mekahli, peut encore être commandé (même ordre pour le chèque et même adresse). L’édition est limitée à 100 exemplaires numérotés. <strong>Traces </strong>est un exercice original, puisqu’il débouche, par le procédé du patchwork, sur la possibilité offerte au lecteur, de composer des millions de poèmes, le message restant le même.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify"><strong>2 – Les Cahiers de la rue Ventura. </strong>Le n° 15 proposait des textes sur l’écriture de la poésie et des poèmes de Patrice Angibaud, Silvaine Arabo, Jean-Michel Bongiraud, Bernard Gueit, Philippe Jaffeux et du collectif « Le Temps des Rêves ».</p>
<p style="text-align: justify">Le n° 16 présentera le même type de contenu, avec les textes et poèmes de Isabelle Lévesque, Bernadette Throo, Colette Elissalde, Marc Bernelas, Henri Chevignard, Monique Saint-Julia.  Et, suivant la place qui nous restera quand nous auront mis en page, quelques poèmes et pages d’enfance reçus en 2010-2011.</p>
<p style="text-align: justify"> Car la revue commence vraiment à être connue et les poètes nous sollicitent beaucoup. Certains s’impatientent quand leurs textes, qui ont été acceptés par le Comité, tardent à passer dans la Revue. Il faut savoir que les 52 pages se remplissent très vite ; les 10 pages réservées aux notes de lecture aussi. La poste ne nous faisant pas de cadeau, nous ne pouvons dépasser les 62 pages actuelles.<br />
Quant aux services de presse, ils arrivent en nombre. Nous avons actuellement 87 livres en attente d’une note de lecture. Si vous avez envoyé un S.P. soyez patient. Nous étudions le moyen de parler plus vite des ouvrages reçus.</p>
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		<title>3 &#8211; Une réaction à l’article « Vous avez dit Poésie ? » paru dans le Cahier n° 9</title>
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		<pubDate>Mon, 14 May 2012 08:08:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>clcailleau</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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		<description><![CDATA[Peu de temps après la sortie du n° 9, j’avais eu l’heureuse surprise de recevoir un courrier de Jean-Marie Alfroy, le chroniqueur d’art de la revue, devenu depuis membre du Comité de lecture. J’avais gardé cette lettre, me promettant de la publier unjour. En voici un long passage qui intéressera sûrement les lecteurs de poésie… [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><a href="http://clcailleau.unblog.fr/files/2012/05/2011-03-19-Claude-CAILLEAU-PICT0307.jpg" rel="lightbox[76]"><img class="aligncenter size-medium wp-image-77" src="http://clcailleau.unblog.fr/files/2012/05/2011-03-19-Claude-CAILLEAU-PICT0307-300x225.jpg" alt="3 - Une réaction à l’article « Vous avez dit Poésie ? » paru dans le Cahier n° 9  2011-03-19-Claude-CAILLEAU-PICT0307-300x225" width="300" height="225" /></a></p>
<p style="text-align: justify">Peu de temps après la sortie du n° 9, j’avais eu l’heureuse surprise de recevoir un courrier de Jean-Marie Alfroy, le chroniqueur d’art de la revue, devenu depuis membre du Comité de lecture. J’avais gardé cette lettre, me promettant de la publier unjour. En voici un long passage qui intéressera sûrement les lecteurs de poésie…</p>
<p style="text-align: justify"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify" align="center">*******</p>
<p style="text-align: justify">« …Venons-on à présent à votre article princeps des pages 4 à 9, celui qui fait l’intérêt majeur de ce numéro. Cela m’amène jusqu’au pied du mur, c’est-à-dire à la  question : qu’est-ce que la poésie ?</p>
<p style="text-align: justify">C’est comme se demander de quoi est faite l’intelligence ; nous appréhendons facilement les notions abstraites, mais nous sommes incapables de les définir.  A la question « qu’est-ce que la poésie ? », mon premier mouvement est donc de répondre que je n’en sais rien.</p>
<p style="text-align: justify">Mais je me ressaisis et adopte le vieux réflexe des montagnards qui savent de longue date que le meilleur itinéraire pour atteindre un sommet n’est pas  nécessairement le plus court, et qu’il faut souvent contourner et re-contourner l’obstacle. Moi, je le fractionne, et dis qu’il n’y a pas La Poésie, mais des Poésies qui se sont succédé dans le temps et qui, parfois, ont pu cohabiter. J’en vois au moins trois.</p>
<p style="text-align: justify">La première, celle des commencements, appelons-la, si vous voulez, originelle. Bien qu’elle fût écrite, elle a d’abord été <strong>dite</strong>devant des auditoires à peu près illettrés : c’est l’<em>Iliade</em> et l’<em>Odyssée</em>, la <em>Légende de Gilgamesh</em>, la <em>Divine Comédie </em>; c’est notre <em>Chanson de Roland</em>. Elle est narrative et épique, fondamentalement orale et donc faite pour être déclamée, scandée, psalmodiée et, le cas échéant, accompagnée de la lyre, du luth, de la guitare, voire du…tam-tam. Les rimes ou les assonances, les rythmes immuables servent à faire entrer dans les mémoires ce qui pourra être transmis de bouche à oreille.</p>
<p style="text-align: justify">Cette poésie-là a-t-elle disparu au XX° siècle ? Au XXI° ? Pas sûr. Les versets de Saint-John Perse (un poète que vous appréciez, je crois) demeurent très marqués  par l’oralité ; ainsi évoque-t-il son enfance sur le mode épique : « <em>Palme… ! Alors on te baignait dans l’eau-de-feuille-verte ; et l’eau encore était du soleil vert…</em> »  etc. Je pourrais citer aussi la <em>Prose du Transsibérien</em> de Cendrars, certains poèmes de Segalen et bien d’autres choses certainement.</p>
<p style="text-align: justify">Cette poésie originelle s’est sans doute pérennisée sur un mode mineur à travers la chanson dite « à texte » (Brassens, Ferré, et tant d’autres) ; elle survit sans doute aujourd’hui dans le rap (que je ne prise guère mais ne tiens pas pour négligeable) et le slam dont vous publiez un échantillon tout à fait intéressant ; c’est toujours le même phénomène : la réitération rythmique et syllabique provoque la transe du récitant, laquelle se communique au public et la communion peut avoir lieu. Cette poésie a gardé des liens de cousinage avec le théâtre, la musique. Ce n’est pas elle qu’on trouve dans les revues, sauf exception : la preuve, Alice.  (1)</p>
<p style="text-align: justify">La deuxième, je l’appellerais « Poésie classique », tout simplement parce qu’elle a longtemps été apprise par cœur  dans les classes primaires, puis étudiée, avec plus ou moins de bonheur, dans le secondaire et à l’université. Les maîtres n’ont pas toujours su, j’en conviens, séparer l’essentiel de l’accessoire, logeant au même étage Hugo et Richepin, Verlaine et Anna de Noailles. Ce qui la caractérise, c’est précisément ce à quoi vous vous référez au début de votre article : les contraintes  formelles ; non seulement les formes fixes (ballade, rondeau, sonnet, etc.) mais la subordination de la syntaxe à l’implacable métrique (l’alexandrin pour les grands thèmes, le décasyllabe ou l’octosyllabe pour les climats plus intimistes), à la division en strophes (quatrains, quintils, sizains, etc.), à la combinatoire des rimes masculines et féminines.</p>
<p style="text-align: justify">Elle a donné ses chefs-d’œuvre ; je cite en vrac <em>Les Amours</em> de Ronsard, <em>Les Fables</em> de La Fontaine, <em>Les Fleurs du Mal </em> de Baudelaire, <em>Les Chimères</em> de Nerval, <em>La  Légende des siècles</em> de Victor Hugo. J’en oublie beaucoup. Cette poésie formelle ne s’est pas séparée de l’oralité : on peut la <span style="text-decoration: underline">lire</span>, on peut la <span style="text-decoration: underline">dire</span>. C’est elle qui illustre la fameuse phrase sur l’art qui vit de contraintes et meurt de libertés. Le sonnet en est le plus bel exemple : seulement 14 vers répartis en 2 quatrains et 2 tercets (souvent la thématique des tercets s’oppose à celle des quatrains) n’utilisant que 4 ou 6 rimes et parfois seulement 2 (cf Le sonnet de Mallarmé en <span style="text-decoration: underline">yx</span> et <span style="text-decoration: underline">ore</span>).</p>
<p style="text-align: justify">Plus la contrainte est forte, plus le poète doit lutter pour conquérir son domaine de liberté à l’intérieur d’un périmètre très circonscrit. Et ce ne sont pas les malheureux rejets, contre-rejets et enjambements qui suffisent pour repousser les limites. Je concède que cette poésie formelle comporte un risque : celui de dégénérer en un jeu verbal futile (voir le sonnet d’Oronte dans <em>Le Misanthrope</em>). Pire encore : ces poètes du dimanche qui croient judicieux de faire rimer « casserole » avec « scarole » et qui enfilent comme des perles des« alexandrins » de 11 ou 13 pieds !</p>
<p style="text-align: justify">Enfin, la poésie « moderne », celle qui apparaît, comme vous l’exposez avec pertinence, à la fin du XIX° siècle et finit par s’imposer au cours du XX° siècle comme la seule poésie valable, comme la seule « vraie ». Oui, vous avez raison, ce qui la caractérise essentiellement, ce n’est pas tant l’abandon de la rime (ce colifichet) ni celui de la régularité métrique, mais bien la rupture avec l’oralité. Poésie pour l’œil, poésie  pour le papier. Poésie pour le lettré, donc, qui va peu à peu s’éloigner des racines populaires et originelles. Poésie pure, débarrassée de toute contingence autre q ue celle de la <em>« perfection du dire »</em> comme vous l’écrivez si justement.</p>
<p style="text-align: justify">Poésie qui a déjà produit ses chefs-d’œuvre et ses grands auteurs, mais qui, comme vous le reconnaissez vous-même, laisse au bord de la route les grandes masses et même une partie du lectorat cultivé. Poésie menacée par l’autisme, ce dont vous êtes  conscient puisque vous confessez qu’elle est surtout lue par les gens du sérail, quand elle ne l’est pas uniquement par ses propres auteurs. Poésie de chapelles où l’on célèbre un culte réservé aux seuls initiés, et tant pis pour  les profanes qui  -  comme moi  -  tentent de jeter un œil par le trou de la serrure ou par un défaut du vitrail.</p>
<p style="text-align: justify">A ce propos, je voudrais revenir sur l’exemple de <em>L’Albatros</em>qui vous sert à démontrer, non sans brio et sous l’égide de Valéry, que Baudelaire n’est pas un poète (ou du moins ne l’est pas toujours). Outre que vous êtes en contradiction flagrante avec ce que vous avez écrit plus loin sur le monopole de la poésie (on peut vous retourner le compliment : Valéry, si brillant esprit fût-il, n’a jamais eu, lui non plus, ce monopole), je trouve que vous trichez un peu en choisissant l’un des moins bons poèmes du recueil, sans doute l’un des plus pesamment allégoriques. Mais <em>La mort des amants</em>, ce bijou funèbre, <em>Harmonie du soir</em> (avec les contraintes sublimes du pantoum), lesquelles obligent à des répétitions décalées), <em>Maesta et errabunda</em> (rien que ce titre !), <em>Invitation au voyage</em>, ce ne sont pas des poèmes ? Alors, quoi donc ? Des prospectus pharmaceutiques, des sms ? Et si Baudelaire n’est pas poète, qui peut l’être ?</p>
<p style="text-align: justify">Je n’ai rien contre les paradoxes ou les provocations ; c’est parfois utile pour stimuler la réflexion. Mais il faut savoir jusqu’où ne pas aller trop loin. Les déclarations de Valéry n’engagent que lui-même. Je le soupçonne de faire un peu le malin ; et puis il est comme la plupart des poètes, ce qu’il reconnaît comme de l’authentique poésie, c’est celle qu’il aime ; en particulier la sienne. Il ne sert à rien de verser dans un rigorisme excessif ; cela n’impressionne que ceux qui veulent bien se laisser faire. Vous constatez que ce n’est pas mon cas.</p>
<p style="text-align: justify">Alors ?L’art vit-il de contraintes ? Oui, tant que celles-ci obligent le créateur à se dépasser lui-même. Meurt-il de liberté ? Oui, si cette liberté l’entraîne vers le n’importe quoi. Non, s’il sait s’inventer lui-même de nouvelles contraintes après avoir refusé celles qu’une tradition figée lui imposait. Sommes-nous d’accord au bout du compte ? Je crois que oui. En tout cas, je l’espère de tout cœur.</p>
<p style="text-align: justify">Et pardon pour la longueur de cette lettre. »</p>
<p style="text-align: justify"><strong>                                                                                              Jean-Marie ALFROY</strong></p>
<p style="text-align: justify">(1)  Alice Ligier : « Ton Paradis païen », slam, poème paru dans le Cahier n° 9.</p>
<p style="text-align: justify"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>4 – Lettre ouverte à un vieux poète </strong>(Ce texte est paru il y a quelques années dans « les Brèves », le bulletin d’information des Editions du Petit Pavé, il m’a semblé qu’il pourrait, non pas faire écho à la belle « leçon de poésie » que nous donne Jean-Marie Alfroy, mais proposer en complément une conception de l’écriture poétique – la mienne, qui s’est affinée peu à peu, avec mes lectures et la rédaction de mes livres.)</p>
<p style="text-align: justify" align="center"><strong>Lettre ouverte à un vieux poète</strong></p>
<p style="text-align: justify">La « vraie » poésie, cher Monsieur, je ne sais pas ce que c’est. Et si j’enlève l’adjectif, dirai-je que je sais ce qu’est la poésie ?</p>
<p style="text-align: justify">Tous les poètes, à un moment de leur vie, se sont interrogés sur leur art. Je me rappelle la lettre d’un de mes amis qui venait de publier un recueil. « J’espère que c’est encore de la poésie », m’écrivait-il, inquiet de savoir ce que j’en pensais.</p>
<p style="text-align: justify">Pour moi (cette opinion n’engage que moi, bien sûr) de même qu’il peut ne pas y avoir de poésie dans de beaux vers bien réguliers, rimés à l’ancienne, de même  la poésie peut venir se loger de façon inattendue dans un texte où les règles de la prosodie traditionnelle ont été transgressées.</p>
<p style="text-align: justify">Me paraît bien ambitieux celui qui prétend définir la poésie. On la sent, on ne l’explique pas. Les formes les plus classiques, je les connais, certes : j’enseignais les lettres en collège. Mes élèves et moi, nous lisions Ronsard, Lamartine, Baudelaire, Verlaine. Et beaucoup d’autres. J’ai toujours aimé cette poésie aux formes fixes. Adolescent, j’apprenais par cœur <em>Le tombeau d’Edgar Poe</em> de Mallarmé. <em>L’homme et la mer</em> de Baudelaire. Je les disais à haute voix, pour le plaisir d’entendre résonner, derrière les mots, une musique qui me berçait. <em>Le Lac</em> de Lamartine a accompagné mes années de bac. Ainsi que « La Maison du berger », « La Mort du  loup » de Vigny. Et Musset (Ah ! <em>Les Nuits</em> !)</p>
<p style="text-align: justify">En ce temps-là, j’écrivais des poèmes classiques que je publiais dans les revues de l’époque, mais très tôt j’ai abandonné ces formes que je trouvais contraignantes et qui donnaient à ma poésie  -  je le vois bien maintenant  -  les défauts que je retrouve chez ceux que Cadou appelait <em>les poètes du dimanche</em>, attachés à leur dictionnaire de rimes.</p>
<p style="text-align: justify">Ces défauts ? La prolixité, d’abord (et je ne saurais dire pourquoi un poème classique me paraît toujours en souffrir) alors que Georges Jean, le vieux maître de mon adolescence, me disait : « Ecris, mais densément. Ecris, mais parcimonieusement ». Et me conseillait la concision. Je l’ai écouté et je m’en félicite. Il y avait aussi dans mes vers, de temps en temps, des chevilles, pour la rime ou pour le rythme. J’en étais conscient mais je ne voyais pas encore comment y remédier. Comment gommer l’aspect artificiel de cette façon de dire.</p>
<p style="text-align: justify">Imaginez que quelqu’un dans la rue vous dise « Le ciel est par-dessus le toit si bleu, si calme » au lieu de dire « Il fait beau aujourd’hui, c’est bien agréable ». Comparez : on voit très bien ici l’aspect maniéré du texte poétique.</p>
<p style="text-align: justify">Je ne nie pas le talent de ceux qui ont écrit sonnets, ballades et autres stances. Mais j’ai choisi. J’ai choisi le naturel, en pensant que la poésie est faite pour être dite. Si dans une conversation vous prononcez tous les e muets qu’on entendrait dans le texte poétique, votre interlocuteur va vous regarder avec une petite lueur de raillerie dans les yeux. Je ne parle pas des diérèses, qui accentuent encore l’aspect artificiel du discours.</p>
<p style="text-align: justify">Quand j’écris un poème, c’est souvent l’octosyllabe et l’alexandrin qui viennent sous ma plume. Une vieille habitude. Mais je ne les traque pas. J’accepte le vers impair qui rompt le rythme, ou plutôt en crée un autre, attirant l’attention sur un fragment du texte. Je l’accepte comme il me vient, quitte à le torturer un peu plus tard. J’ignore volontiers le e muet. Pour le naturel. Parce que j’aime dire mes poèmes à haute voix, dans les salons, les classes où j’interviens pour parler aux enfants de poésie. Parfois, dans ma diction, un vers de neuf syllabes redevient un octosyllabe par l’élision volontaire d’un e qui aurait dû se prononcer dans le poème classique.</p>
<p style="text-align: justify">L’émotion, dont vous faites, cher Monsieur, la source même de la poésie n’est pas pour moi essentielle, quoiqu’il arrive qu’elle surgisse à l’improviste dans mes vers. « La poésie, dit Michel Cosem, c’est un regard qui permet de connaître, de faire partager, d’inventorier la richesse du monde. » Cette richesse n’est pas seulement d’ordre sentimental. Je pense que le poète creuse au plus profond de l’Enigme pour donner un sens à ce qui l’entoure. Que la poésie est un moyen de communiquer avec l’invisible, qui parfois est en soi, parfois dans l’autre, dans l’arbre, le caillou du chemin.</p>
<p style="text-align: justify">Lorsque j’écris un poème, au diable les contraintes. Ce n’est qu’après que le travail commence. Le texte reste sur l’établi des semaines, parfois des mois. Je pratique par ajouts plutôt qu’en ajoutant, pour arriver au plus près de ce que je voulais dire. Mes amis, d’ailleurs, s’étonnent quand ils lisent un de mes poèmes en prose et que je leur dis : « Ce texte a d’abord été écrit  en vers. » C’est tout simplement que je l’ai mis en prose pour qu’il glisse mieux, pour lui ôter son aspect rigide, artificiel. Et j’ai même  -  horreur !  -  cassé le rythme, pour éviter la monotonie.</p>
<p style="text-align: justify">Un de mes amis, admirateur de Mallarmé et de Paul Valéry, qui écrivait de beaux alexandrins rimés, s’est mis au vers libre après bien des hésitations, sans doute parce qu’il est difficile de trouver un éditeur pour la poésie classique.Je m’étais amusé de sa question : « Je n’écris pas de vers libres parce que je ne sais pas quand je dois aller à la ligne. Toi, quand sais-tu que tu dois arrêter ton vers ? » J’avais été bien en peine de lui répondre.</p>
<p style="text-align: justify">Je pense à Pierre Reverdy qui, au début du 20<sup>ème</sup> siècle, préoccupé par l’aspect de la page, en poésie, a transformé l’inesthétique poème en vers libres qui emplit la partie gauche de la feuille et présente à droite l’aspect de dents de scie d’inégales longueurs.  La réflexion aboutit chez lui à une disposition en chicanes ou en créneaux ; ainsi le poème est d’abord fait pour être vu  -  à l’égal d’un tableau  -  avant d’être lu. Il n’utilisa pas longtemps cette technique, mais vous ne me direz pas, cher Monsieur, que ce poète-là n’avait pas réfléchi à son art.</p>
<p style="text-align: justify">Et, si vous lisez Reverdy, vous savez que, fragmentés en plusieurs vers, se cachent parfois de superbes alexandrins. Et des <em>images</em>. N’est-ce pas là aussi qu’il faut voir la poésie, dans l’image ? (Autant que dans une forme imposée, rigide comme celle du sonnet, par exemple).</p>
<p style="text-align: justify">Une phrase de votre texte m’inquiète un peu : « Commence par imiter les maîtres anciens. » Pour la peinture ou la sculpture, je veux bien. Mais pour la poésie ?&#8230; Si j’ai lu les poètes    et je continue de les lire quotidiennement  -  je me suis toujours méfié des influences. Je pense qu’on n’a rien à gagner à imiter un poète, fût-il le plus grand, le meilleur. Je n’écris pas comme Untel. J’écris comme moi. Nous sommes tous uniques. C’est cette unicité qui est notre richesse. A se modeler sur<br />
quelqu’un, on risque de perdre sa personnalité, qui fait qu’on peut être intéressant pour les autres.</p>
<p style="text-align: justify">Quant à votre question de la fin (Etes-vous sûr d’écrire pour l’éternité ?), elle me fait sourire. Moi, j’écris pour ne pas mourir. Provisoirement. J’écris pour oublier que je mourrai comme tout le monde. Et que le terme approche, puisque j’ai vieilli.</p>
<p style="text-align: justify">« Lis-moi et tu me feras revivre » : c’est mon souhait pour plus tard, quand je ne serai plus là, et qu’un lecteur, un enfant peut-être (j’aimerais bien, lui plus qu’un adulte parce qu’il aura de longues années devant lui) qu’un enfant sortira un de mes livres de la bibliothèque de ses parents. Pour un moment, je viendrai habiter sa vie. Quand il lira mon message, je serai un peu plus qu’un livre perdu au milieu d’autres.</p>
<p style="text-align: justify">Hélas, personne n’écrit pour l’éternité, le support de nos élucubrations  -  le papier  -  étant destiné à tomber en poussière dans une cinquantaine d’années, me dit-on. Et vous n’ignorez pas que l’existence de notre terre aura une limite, qu’un jour elle s’abîmera dans l’espace, à moins qu’elle n’explose ou ne se fige sous les glaces. Ce qui rendrait dérisoires nos efforts pour laisser une trace de notre passage chez les hommes. N’y pensons pas trop. Ecrire nous sauve.</p>
<p style="text-align: justify">A vous la main, bien sûr, si vous souhaitez répondre, je reste à votre écoute.</p>
<p style="text-align: justify">Recevez, cher Monsieur, mes amitiés. Que la poésie continue de vous aider à vivre.</p>
<p style="text-align: justify">                                                           Sablé le 7 décembre 2005,</p>
<p style="text-align: right"><strong>Claude Cailleau      </strong></p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>Si ces deux textes vous ont inspiré quelques réflexions, nous serions heureux, Jean-Marie Alfroy et moi, de vous lire. La page des commentaires vous est ouverte… La poésie est terre de partage.<br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong> </strong></p>
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		<title>Les Nymphes de l&#8217;Océan</title>
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		<pubDate>Sat, 25 Feb 2012 11:06:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>clcailleau</dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; LES NYMPHES DE L’OCÉAN Illustrations de Claudine GOUX Nouveautés Les Amis de la rue Ventura publient, de Claude Cailleau, Les Nymphes de l’océan, roman pour enfants à partir de 8 ans. Avec de magnifiques illustrations en couleurs de Claudine Goux. Impression sur olin regular ivoire, 300g. pour la couverture, et 120 g. pour l’intérieur. Impression [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: left" align="center"><strong>LES NYMPHES DE L’OCÉAN</strong></p>
<p><strong><a href="http://clcailleau.unblog.fr/files/2012/02/nymphes-image.jpg" rel="lightbox[67]"><img class="size-medium wp-image-68 alignnone" src="http://clcailleau.unblog.fr/files/2012/02/nymphes-image-205x300.jpg" alt="Les Nymphes de l'Océan nymphes-image-205x300" width="205" height="300" /></a></strong></p>
<p style="text-align: left" align="center"><strong>Illustrations de Claudine GOUX</strong></p>
<p><strong>Nouveautés</strong></p>
<p>Les Amis de la rue Ventura publient, de Claude Cailleau, <strong>Les Nymphes de l’océan</strong>, roman pour enfants à partir de 8 ans.</p>
<p>Avec de magnifiques illustrations en couleurs de Claudine Goux.<br />
Impression sur olin regular ivoire, 300g. pour la couverture, et 120 g. pour l’intérieur. Impression quadri et mono.</p>
<p>Envoi contre un chèque de 12 € à l’ordre des<strong> Amis de la rue Ventura. </strong>Le port est compris.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Et le <strong>Cahier n° 15 </strong>est prêt. Il sort au début de mars. Pour ce numéro, comme pour le 16, nous innovons, un peu.</p>
<p>Au sommaire :</p>
<p><strong>une nouvelle</strong> de Jean-Marie Palach : « Mon fils, ma bataille », Prix Hervé Bazin de la minifiction,</p>
<p><strong>les mini dossiers </strong>(textes sur la poésie, poèmes et bio-bibliographies) de Patrice Angibaud, Silvaine Arabo, Jean-Michel Bongiraud, Bernard Gueit, Philippe Jaffeux et le Collectif  « Le Temps des Rêves »,</p>
<p><strong>une voix nouvelle</strong> : Guillaume Decourt, pianiste et poète,</p>
<p><strong>le journal de traverse</strong> de Michel Passelergue,</p>
<p><strong>la chronique</strong> de Jean-Marie Alfroy (Générosité de Jean-Sébastien Bach),</p>
<p><strong>et les notes de lecture</strong> sur les derniers ouvrages de Jean Pichet, Bernard Perroy, Jean-Michel Bongiraud, Marie Desmaretz, Jean-Luc Aotret, Roland Nadaus, Odile<br />
Caradec, Didier Jourdren, Isabelle Lévesque, Ghislaine Lejard, Thierry Piet.</p>
<p>Egalement : la liste, impressionnante, des revues et livres « en lecture » rue Ventura.</p>
<p><strong>Rappel</strong> : abonnement à la revue : 22 euros. Chèque à l’ordre de <strong>« Les Amis de la rue Ventura »</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Traces</title>
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		<pubDate>Sat, 25 Feb 2012 10:59:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>clcailleau</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Du 10 au 17 mars, je participerai à l’exposition de poèmes sur l’enfance à la Médiathèque de Parigné-L’Evêque (Sarthe) avec des poèmes extraits de Pour une heure incertaine (Editions Sac à Mots), et de mon album Des Mots pour vivre paru au Pré de la Roche, avec des illustrations de Marie-Thérèse Mekahli. Le samedi 17 [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://clcailleau.unblog.fr/files/2012/02/Traces-couverture-2.jpg" rel="lightbox[61]"><img class="size-medium wp-image-62 aligncenter" src="http://clcailleau.unblog.fr/files/2012/02/Traces-couverture-2-105x300.jpg" alt="Traces Traces-couverture-2-105x300" width="105" height="300" /></a></p>
<p style="text-align: justify">Du 10 au 17 mars, je participerai à l’exposition de poèmes sur l’enfance à la Médiathèque de Parigné-L’Evêque (Sarthe) avec des poèmes extraits de</p>
<p><strong>Pour une heure incertaine</strong> (Editions Sac à Mots),</p>
<p>et de mon album <strong>Des Mots pour vivre</strong> paru au Pré de la Roche, avec des illustrations de Marie-Thérèse Mekahli.</p>
<p><strong>Le samedi 17 mars, à 10h.30, je viendrai à la médiathèque de Parigné-L’Evêque parler de poésie.</strong> <strong></strong></p>
<p>A cette occasion, je présenterai le dépliant <strong>Traces</strong> – un poème réécrit trois fois, avec un lexique et une syntaxe différents. Les quatre poèmes de cet étrange ouvrage (illustré également par Marie-Thérèse Mekahli) sont proposés sur une même plage, pour permettre une vision synoptique et faciliter des lectures parallèles. Lecture verticale, mais aussi lecture horizontale. Et, par le procédé du patchwork, vous pourrez obtenir des millions de poèmes ! Si le propos vous intrigue, venez à la Médiathèque le 17 mars : je serai heureux de vous parler de ce qui est encore pour moi une  expérience étonnante…  et à ne pas renouveler</p>
<p>Le poème « Si tout à coup … », extrait de <strong> Pour une heure incertaine,</strong> vous le trouverez, momentanément, sur le site de <strong>La Toile de l’Un</strong>, à l’occasion du Printemps des Poètes. Le voici, aujourd’hui :</p>
<p><strong><em>Si tout à coup</em></strong><em> venait à toi cet enfant-là, pieds nus dans la poussière, exilé dans le temps, plein de désirs blessés,</em></p>
<p><em>Si tu sentais sa main fouiller la tienne en quête de certitude, d’un guide pour marcher sur les sentiers de l’aube,</em></p>
<p><em>Que saurais-tu répondre à la petite voix de pierre, qui tremble encore en toi sous des couches de jours accumulés pour rien ?</em></p>
<p><em>Peut-être l’entends-tu, la voix obstinée, presque inaudible, gravée sur les sillons de l’enfance lointaine.</em></p>
<p><em>Si tout à coup venait à toi cet enfant-là, que saurais-tu lui dire qui ne le blesse pas ?</em><br />
<strong>Claude Cailleau</strong></p>
<p>Le livre<strong> Pour une heure incertaine</strong> est encore disponible aux Editions Sac à Mots – La Sauvagerais – La Rotte des Bois – 44810 LA CHEVALLERAIS (contre un chèque de 14 €  (12€ + 2€ de port)</p>
<p>Le dépliant <strong>Traces</strong> peut être commandé aux Amis de la rue Ventura – 9 rue Lino Ventura – 72300 SABLE-SUR-SARTHE contre un chèque de 6 € (le port est compris)</p>
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		<title>Passage Sainte-Croix</title>
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		<pubDate>Sat, 25 Feb 2012 10:55:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>clcailleau</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le jeudi 26 janvier, la photo : accueil chaleureux au Passage Sainte-Croix, où je venais parler de Pierre Reverdy, l’exilé perpétuel. En 2008, Michel Cosem avait accueilli, dans le 360ème « Encres Vives », un ensemble de textes que j’avais écrits en marge de ma biographie de Pierre Reverdy. Dans ce cahier de format A4, la première partie [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://clcailleau.unblog.fr/files/2012/02/Passage-Sainte-Croix-1.jpg" rel="lightbox[58]"><img class="aligncenter size-medium wp-image-59" src="http://clcailleau.unblog.fr/files/2012/02/Passage-Sainte-Croix-1-300x225.jpg" alt="Passage Sainte-Croix Passage-Sainte-Croix-1-300x225" width="300" height="225" /></a></strong></p>
<p><strong>Le jeudi 26 janvier, </strong>la photo : accueil chaleureux au Passage Sainte-Croix, où je venais parler de Pierre Reverdy, l’exilé perpétuel.</p>
<p style="text-align: left">En 2008, Michel Cosem avait accueilli, dans le 360<sup>ème</sup> « Encres Vives », un ensemble de textes que j’avais écrits en marge de ma biographie de Pierre Reverdy. Dans ce cahier de format A4, la première partie des pages est réservée à des proses dans lesquelles j’ai évoqué des moments, imaginaires, de la vie du poète et de sa femme (dans le respect de la personnalité de l’homme et de ce que je savais de son existence <em>monacale</em> à Solesmes) ; dans la deuxième moitié des pages, je propose des poèmes, écrits sur les thèmes chers à Reverdy : la ville, la nature, l’écriture, la mort, l’enfermement, la solitude, le temps, etc.</p>
<p>L’ensemble représente une sorte de  « <strong>Tombeau de Pierre Reverdy</strong> »</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Voici deux de ces poèmes…</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>La nuit est venue, discrète ;</p>
<p>il y a du gris dans le temps,</p>
<p>un goût de cendre dans la voix</p>
<p>qui réveille une adresse perdue.</p>
<p>Le gisant dans la tombe oublié</p>
<p>au fond du cimetière se lamente.</p>
<p>Son nom même s’efface</p>
<p>de la mémoire des vivants</p>
<p>et le temps passe sur la pierre.</p>
<p>Qui sait demain ce que Tu fus,</p>
<p>dans le regard qui se posait ?</p>
<p>Deux cyprès baignent d’ombre douce</p>
<p>la croix de marbre du gisant.</p>
<p>Un homme passait là</p>
<p>qui ne s’arrête pas. Le jour</p>
<p>est fait d’heures à oublier.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>*******<strong></strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Rue du Rôle, les lampadaires</p>
<p>n’éclairent plus que le silence.</p>
<p>Chaque soir, une étoile brille,</p>
<p>pâle, au-dessus du cimetière.</p>
<p>Un homme un jour est passé là.</p>
<p>Son ombre marche dans l’absence,</p>
<p>accompagnant le temps qui passe.</p>
<p>Rue du Rôle où la vie s’efface,</p>
<p>une voix revient de la mort,</p>
<p>jetant son angoisse au silence.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>                           Claude Cailleau</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Ces deux poèmes sont extraits de <strong>La Solitude du poète</strong>, 360<sup>ème</sup> Encres Vives, chez Michel Cosem,  2 Allée des Allobroges, 31770 COLOMIERS. (<strong>6,10 euros</strong>, port compris.)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Rappel :  Les Cahiers de la rue Ventura </strong>ont présenté un dossier Pierre Reverdy dans le n° 8, avec des textes de Gilles Baudry, Matthieu Gosztola, Bernard Grasset, Nicolas Grenier, Georges Jean, Jacques Lardoux, Jean Maison, Françoise Nicol, Michel Passelergue.</p>
<p>On peut encore se procurer ce numéro en adressant un chèque de 6€ à l’adresse et à l’ordre de :</p>
<p><strong>Les Amis de la rue Ventura – 9, rue Lino Ventura – 72300 SABLE-SUR-SARTHE</strong></p>
<p>(Le port est compris)</p>
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		<title>Rendez-vous !</title>
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		<pubDate>Wed, 11 Jan 2012 08:18:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>clcailleau</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Pierre Reverdy est dessiné par Louis Hubert &#160; Je vous donne rendez-vous Le jeudi 26 janvier 2012,  à 12h.30,  au Passage Sainte-Croix 9 rue de la Bâclerie   à  NANTES. &#160; Je viendrai y parler de Pierre Reverdy L’antibiographe, l’exilé perpétuel, un écrivain toujours enquête d’une identité, qui a su imposer sa vision très personnelle de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://clcailleau.unblog.fr/files/2012/01/Reverdy-photo-1.jpg" rel="lightbox[51]"><img class="aligncenter size-medium wp-image-52" src="http://clcailleau.unblog.fr/files/2012/01/Reverdy-photo-1-158x300.jpg" alt="Rendez-vous ! Reverdy-photo-1-158x300" width="158" height="300" /></a></p>
<p>Pierre Reverdy est dessiné par Louis Hubert</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Je vous donne rendez-vous </strong></p>
<p><strong>Le jeudi 26 janvier 2012,  à 12h.30,  </strong></p>
<p><strong>au Passage Sainte-Croix</strong></p>
<p><strong>9 rue de la Bâclerie   à  NANTES.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Je viendrai y parler de</strong> <strong>Pierre Reverdy</strong></p>
<p>L’antibiographe, l’exilé perpétuel,</p>
<p>un écrivain toujours enquête d’une identité,</p>
<p>qui a su imposer sa vision très personnelle de la poésie</p>
<p>et la faire dialoguer avec la peinture.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>La postérité qui le reconnaîtrait devait être, d’après lui,</p>
<p>constituée de « lecteurs dans 50 ans » (En Vrac, 1956)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ce lecteur de « 50 ans plus tard »,</p>
<p>c’était moi, qui en 2006 rédigeais la biographie du poète.</p>
<p>C’est vous aujourd’hui !</p>
<p>Mais je pense qu’on n’entre pas vraiment dans la poésie de Reverdy si l’on ne sait rien de sa vie, du personnage qui se glisse entre les lignes de ses poèmes.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>« On n’écrit pas pour soi, on n’écrit pas pour les autres, on écrit aux autres, bien qu’on ne sache pas exactement à qui… »</p>
<p>« Ecoute, je te parle à toi et à l’oreille. Où es-tu, toi seul digne de m’écouter, de m’entendre ? »<br />
(Pierre Reverdy, « Le Journal de mon bord »)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Rappel :</strong></p>
<p>De Claude Cailleau : <strong> Dans les pas de Pierre Reverdy</strong> , Editions du Petit Pavé, 18 €</p>
<p>En vente dans toutes les bonnes librairies,</p>
<p>et si l’on vous dit qu’il est épuisé, n’en croyez rien !</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
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		<title>Lundi 2 janvier 2012</title>
		<link>http://clcailleau.unblog.fr/2012/01/02/lundi-2-janvier-2012/</link>
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		<pubDate>Mon, 02 Jan 2012 14:55:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>clcailleau</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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		<description><![CDATA[Les temps sont durs pour les poètes : après José Millas-Martin et Georges Jean, c’est  Jean-Marc Minotte, dit Jean L’Anselme,  qui vient de nous quitter à la veille, me dit-on, de son 92ème anniversaire. Il y a un an, il m’avait envoyé trois textes pour mes Cahiers. J’ai tardé à les publier. Je me le reproche [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify">Les temps sont durs pour les poètes : après José Millas-Martin et Georges Jean, c’est  Jean-Marc Minotte, dit<strong> Jean L’Anselme</strong>,  qui vient de nous quitter à la veille, me dit-on, de son 92<sup>ème</sup> anniversaire.</p>
<p style="text-align: justify">Il y a un an, il m’avait envoyé trois textes pour mes Cahiers. J’ai tardé à les publier. Je me le reproche aujourd’hui. J’ai rencontré plusieurs fois Jean L’Anselme , à Rochefort en 1991, à Angers aussi, pour le colloque sur Serge Wellens. Il avait la poignée de main douce et chaleureuse ; chez lui gentillesse et humour faisaient bon ménage. La poésie prenait souvent des chemins détournés. Elle surgissait là où on ne l’attendait pas <strong>Jean L’Anselme</strong> n’arrivait pas à être sérieux, et nous l’aimions ainsi.</p>
<p style="text-align: justify">Les poèmes qui suivent ont peut-être paru quelque part ; personne, je pense, ne m’en voudra de saluer à ma façon <strong>le Poète</strong> qui vient de lever l’ancre pour les terres de l’ailleurs.</p>
<p style="text-align: justify">La fable que vous allez lire, Jean L’Anselme me l’avait confiée pour la revue « Liaisons poétiques » que je publiais avec mes élèves d’Ingrandes-sur-Loire, en 1991.</p>
<p>L’était une fois</p>
<p>un roi de Crête</p>
<p>se prenant pas pour un crétin</p>
<p>mais pour le Pape Léon VI</p>
<p>convaincu</p>
<p>dans son latin</p>
<p>- Dieu lui pardonne –</p>
<p>d’en valoir six</p>
<p>chez les Léon</p>
<p>grâce à son six !</p>
<p>Ainsi son peuple</p>
<p>le surnommait</p>
<p>par déduction</p>
<p>Léon six trônes !</p>
<p>On avait beau lui expliquer</p>
<p>que ça marchait</p>
<p>comme les Pie</p>
<p>de Pie en Pie…</p>
<p>de tout cela il en fit fi.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Moralité</p>
<p>Il est aussi difficile de convaincre un âne</p>
<p>qu’il a de grandes oreilles</p>
<p>que de persuader une saucisse</p>
<p>qu’on peut la prendre pour une andouille.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Jean L’Anselme</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Curriculum vitae</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify">Je prends toujours la précaution de dire à ceux qui m’écoutent que, petit paysan du Nord de la France, j’ai appris à lire et à écrire derrière le cul d’une vache, car nous n’en avions qu’une. La fortune, dans le pays, se calculait au nombre de vaches. La nôtre s’appelait Agnès, du nom d’une cousine avec laquelle nous avions eu des mots.</p>
<p style="text-align: justify">Tout cela se passait au début du siècle dernier, où il n’y avait pas encore l’électricité. On s’éclairait à la chandelle ou au quinquet. Cela explique que, malgré mes 18 lustres, je ne sois pas encore une lumière.</p>
<p><strong>Jean L’Anselme</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Roman</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>                                  (A Arthur)</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>On n’est pas sérieux</p>
<p>quand on n’a plus vingt dents</p>
<p>ni reins beaux et des soucis vers l’aine</p>
<p>Quand on n’a plus vingt dents</p>
<p>et que chahutent vos lustres éclatants</p>
<p>dans vos boyaux en marmelade,</p>
<p>on prend goût à la rigolade.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Jean L’Anselme</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Bonne année à tous !</strong></p>
<p><strong>Les numéros 15 et 16 des Cahiers de la rue Ventura vous préparent de belles surprises…</strong></p>
<p><strong>Sortie du n° 15 au début de mars 2012. Le 16, ce sera pour Juin.</strong></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Agenda</title>
		<link>http://clcailleau.unblog.fr/2011/12/21/agenda/</link>
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		<pubDate>Wed, 21 Dec 2011 21:01:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>clcailleau</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le 26 novembre, le prix Hervé Bazin de la Microfiction a été décerné à  Jean-Marie Palach pour sa nouvelle «  Mon fils, ma bataille ». Nous publierons ce texte dans le numéro 15 des Cahiers de la rue Ventura. Le 3 décembre, notre ami José Millas Martin partait rejoindre le paradis des poètes. Je lui avais [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify">Le 26 novembre, le prix Hervé Bazin de la Microfiction a été décerné à  Jean-Marie Palach pour sa nouvelle «  Mon fils, ma bataille ».</p>
<p style="text-align: justify">Nous publierons ce texte dans le numéro 15 des Cahiers de la rue Ventura.</p>
<p style="text-align: justify">Le 3 décembre, notre ami <strong>José Millas Martin</strong> partait rejoindre le paradis des poètes. Je lui avais écrit  le 2 une lettre qu’il n’a pu lire. Nous avions de fréquents échanges de  courrier. Dans sa lettre de novembre, il me promettait encore des textes pour la Revue. « Heureusement qu’il me reste l’écriture et l’amitié des poètes,  m’écrivait-il. Des poèmes… quand j’en aurai mis au point, je t’en enverrai. A  part ça, la vie continue. »</p>
<p style="text-align: justify">Pour marquer les 90 ans du poète, les Editions Donner à Voir avaient  publié « Tango pour José », un petit recueil d’hommages de ses amis  davistes.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>19 décembre</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Georges Jean</strong>, dont j’apprends le décès cette nuit, avait aussi eu droit, en hommage, pour son entrée dans la décennie des nonagénaires, à un petit livre dans la collection  Tango de Donner à Voir. « A mots gourmands » reprenait des poèmes parus dans ses livres pour la jeunesse.</p>
<p style="text-align: justify">Avec Georges Jean disparaît le dernier de mes professeurs. Les lecteurs des Cahiers savent qu’il a collaboré plusieurs fois avec des poèmes et des textes sur la poésie. Il est encore présent dans notre anthologie de l’été dernier, avec ceci :</p>
<p style="text-align: justify"><strong> </strong><strong>Les mots du silence </strong></p>
<p style="text-align: justify">Le silence parle</p>
<p style="text-align: justify">Entends le bruissement de la  mémoire</p>
<p style="text-align: justify">Les paroles éclatées de ton  enfance</p>
<p style="text-align: justify">La voix des tiens comme une soie</p>
<p style="text-align: justify">La sourde musique des images du  monde parcouru</p>
<p style="text-align: justify">Les paroles de la bien-aimée mêlées aux battements de ton cœur</p>
<p style="text-align: justify">Les trains les automobiles et le halètement de ce bateau grec qui nous ramenait à Corfou</p>
<p style="text-align: justify">Les cours de récréation des écoles et les cris d’acier vif des écoliers comme des vols d’hirondelles les soirs d’été</p>
<p style="text-align: justify">En une seconde le bruit du silence</p>
<p style="text-align: justify">Investit ta solitude</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Georges Jean</strong></p>
<p style="text-align: justify">Dans une lettre plus ancienne qu’il avait adressée à mes élèves  d’Ingrandes-sur-Loire, il commençait ainsi :</p>
<p style="text-align: justify">« La poésie, c’est une parole double. Les mots en elle se lisent, s’écoutent, bruissent, mais également sécrètent une sorte de voix absente qui chemine lentement dans le corps, dans l’inconscient, dans ce non-dit que nous portons tous et ne livrons que bien rarement et bien mal, au monde et aux autres… »</p>
<p style="text-align: justify">Quant à moi, en 2007, je publiais dans Equisol une <strong>lettre ouverte à Georges Jean</strong> pour dire le souvenir que m’avait laissé, depuis les années 50, un professeur différent des autres… Je la redonne ici.</p>
<h1 style="text-align: justify">Lettre ouverte à Georges Jean</h1>
<p style="text-align: justify"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify">Vous m’avez toujours impressionné, Georges. C’est déjà une grande audace pour moi, de vous appeler par votre prénom. Un jour, par amitié, vous m’avez suggéré de vous tutoyer puisque, disiez-vous, vous ne vous privez pas de cette familiarité à mon égard. Et c’est vrai qu’entre nous il n’y a pas une grande différence d’âge. Qu’est-ce que 16 ans, maintenant que nous avons vieilli ? Mais tutoyer le maître de mon  adolescence, je n’ai jamais pu. Le respect et l’admiration, chez moi, s’accompagnent de distance. Celle que je tenais à garder avec mes élèves.</p>
<p style="text-align: justify">Vous avez été mon professeur de lettres autrefois. A vrai dire, je n’avais pas dû vous laisser un grand souvenir. Garçon timide, discret, silencieux. Noyé dans le groupe de ce qu’on appelle les élèves sans histoire. En classe, votre exigence était telle que nos devoirs nous revenaient rarement gratifiés d’une note au-dessus de la moyenne.<br />
Et, curieusement – était-ce le flair aiguisé du poète, car déjà vous écriviez à cette époque sans que nous le sachions – la seule note vraiment bonne que j’aie pu trouver sur un de mes devoirs de français par vous corrigé, ce fut le jour où vous nous aviez demandé de pasticher les poètes.</p>
<p style="text-align: justify">Avec vous – en étiez-vous conscient ? &#8211; le plaisir était aussi ailleurs. Au théâtre, par exemple, où vous nous emmeniez voir, entendre du Beckett, du Ionesco, des pièces d’avant-garde qui troublaient les adolescents incultes que nous étions, en une époque pauvre en médias.</p>
<p style="text-align: justify">Mais le plus étonnant pour moi, c’était votre activité au sein de Peuple et Culture. J’ai assisté à ces séances au cours desquelles vous lisiez devant les ouvriers de Renault des montages de livres de Zola. Et ces hommes que la culture n’avait guère touchés auparavant, vous réussissiez à les émouvoir, mieux : à les faire parler de leurs problèmes qui souvent rejoignaient ceux évoqués par l’écrivain. J’ai vécu là, dans ces salles inconfortables où s’entassait la France ouvrière, des moments inoubliables. Vous, jeune professeur sorti depuis peu de l’E.N.S., quel mobile vous poussait à cette approche humaine du monde du travail ?</p>
<p style="text-align: justify">Je comprends mieux votre envie de donner à vos élèves une culture qui ne soit pas uniquement scolaire. Vous avez été celui qui le premier m’a entraîné dans l’univers déconcertant de la poésie contemporaine. Je vous revois, dans notre austère salle de cours, ouvrant un livre de la collection blanche Gallimard pour nous lire du Queneau &#8211; « Si tu t’imagines, fillette, fillette, si tu t’imagines… » &#8211; ou, sortant un ouvrage plus modeste, recueil signé d’un poète mort très jeune au printemps de l’année 1951, nous dire ces textes  qui allaient m’habiter longtemps, qui me parlent encore aujourd’hui, les poèmes à Hélène, lus et relus tant de fois. Empruntant la voix d’un autre, vous veniez de semer le rêve dans ma vie.</p>
<p style="text-align: justify">Chez mes parents, il n’y avait pas de livres. Vous imaginez ma stupéfaction quand, à 15 ans, ayant eu à venir chez vous, je vis que les murs en étaient tapissés. Sagement rangés sur les étagères dans la pièce où j’entrai, ils allaient, dans la maison campagnarde de votre retraite, envahir tables et sièges, comme une marée de savoir. En piles d’une hauteur impressionnante, à l’équilibre instable. Et vous prétendiez savoir où se trouvait chacun d’eux ! Devais-je vous croire ? Oui, sans doute. Cette montagne de livres était la preuve de la soif de connaissance qui vous a toujours habité. Depuis, je vous ai imité dans votre passion des livres, sans atteindre à vos sommets : chez moi, seuls les murs en sont habillés.</p>
<p style="text-align: justify">D’autres parleront de vos ouvrages mieux que je ne pourrais le faire. C’est de l’homme, du professeur que je voulais parler. Combien de fois les commentaires portés en tête de mes devoirs m’ont-ils irrité ? Je sais maintenant que vous aviez raison. « Style fleuri ! » notiez-vous d’une écriture presque indéchiffrable. « Trop d’adjectifs, trop d’adverbes ! Essaie de faire court. » Avec vous, j’ai appris la concision, que je crois être la qualité principale d’un texte. (Peut-être aujourd’hui, dans cette lettre, l’ai-je un peu oublié…)</p>
<p style="text-align: justify">Vous êtes né à Besançon comme Hugo, en 1920 comme Cadou. Essayiste, autobiographe, poète : vous êtes tout cela. Vous avez écrit, aussi, pour les enfants, et parlé longuement de <strong>La passion d’enseigner </strong>qui a guidé votre vie<strong>. </strong>A la fin de votre carrière, votre travail de professeur a rejoint une de vos préoccupations, sur les chemins de <strong>L’écriture mémoire des hommes. </strong></p>
<p style="text-align: justify">Je vous imagine <em>lorsque le crépuscule avale la journée (1) </em>prenant <strong>La parole au piège</strong>,  bousculant<strong>  Les mots entre eux, </strong>voyageant <em>à travers les lignes / Lovées dans le zodiaque fou / De (vos) astres imaginaires</em> (2) traquant <em>le vide obscur des mots</em> (3) écrivant, écrivant <strong>Pour mémoire, </strong>en main <em>le calame cher compagnon rétif et docile,</em> le calame qui <em>n’accepte que l’indicible</em> (4) Car, vous le savez, <em>Les mots dans la dérive / N’ont plus rien à cacher / Sinon la force  vive / De leur obscurité</em> (5).</p>
<p style="text-align: justify">Oui, je suis sûr que votre souci aura toujours été d’habiter la langue en poète. La terre de poésie est terre de  partage.<br />
Sablé, août 2007<br />
<strong>Claude<br />
CAILLEAU</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>1 &#8211; Main d’encre ;  2 &#8211; Les mots entre eux ;  3 &#8211; Pour mémoire ;  4 &#8211; Pour mémoire ; 5 &#8211; Les mots écoutent</p>
<p>« L’Ecriture mémoire des hommes » (Découverte Gallimard)</p>
<p>« Parole au piège » (Ed. Millas-Martin)</p>
<p>« Les  mots entre eux » (Seghers)</p>
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		<title>Un poète invité : Jean Joubert</title>
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		<pubDate>Wed, 21 Dec 2011 20:57:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>clcailleau</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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		<description><![CDATA[                        Jean Joubert est dessiné par Louis Hubert &#160; Pour finir aujourd’hui là où je pensais commencer… Quand j’ai ouvert ce blog, c’était pour parler de la Revue, mais aussi des poètes qui accompagnent mes jours. Pour assurer une présence de la poésie dans ces pages qui, sans eux, seraient bien austères. Mon premier invité sera Jean [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>  <a href="http://clcailleau.unblog.fr/files/2011/12/Jean-Joubert.jpg" rel="lightbox[31]"><img class="aligncenter size-medium wp-image-32" src="http://clcailleau.unblog.fr/files/2011/12/Jean-Joubert-202x300.jpg" alt="Un poète invité : Jean Joubert Jean-Joubert-202x300" width="202" height="300" /></a>                      </em></strong></p>
<p style="text-align: center"><strong><em>Jean Joubert est dessiné par Louis Hubert</em></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify">Pour finir aujourd’hui là où je pensais commencer…</p>
<p style="text-align: justify">Quand j’ai ouvert ce blog, c’était pour parler de la Revue, mais aussi des poètes qui accompagnent mes jours. Pour assurer une présence de la poésie dans ces pages qui, sans eux, seraient bien austères.</p>
<p style="text-align: justify">Mon premier invité sera Jean Joubert – qui a accepté gentiment de m’envoyer des poèmes. Ceux qui suivent sont libres de tous droits, sauf l’un d’entre eux que je reproduis ici avec l’aimable autorisation de l’auteur et de l’éditeur.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>J’entends, ce soir,</p>
<p>l’appel des loups de la forêt  d’enfance</p>
<p>où rôdent dans la brume leurs fantômes.</p>
<p>Sous une lune pleine s’éveille leur clameur</p>
<p>d’alarme et de famine.</p>
<p>Avec chaînes et cordes</p>
<p>les portes sont fermées,</p>
<p>les armes luisent,</p>
<p>les chiens veillent dans les enclos.</p>
<p>L’aïeule dans la cuisine</p>
<p>parle d’hiver jadis dans la neige et le gel</p>
<p>et des sombres tueurs soufflant autour  des granges</p>
<p>où bêlaient la peur et le froid.</p>
<p>Ses paroles, pour les enfants,</p>
<p>tissent la toile des légendes,</p>
<p>et c’est un loup géant</p>
<p>qui, dans les nuits, ravage leur  sommeil.</p>
<p>Mais me voici, dans l’âge,</p>
<p>enfin réconcilié avec la Bête.</p>
<p>Je salue l’ardente présence</p>
<p>- force et splendeur  -</p>
<p>dans la justice du poème.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Jean  Joubert</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>***</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Un jour encore nous  est donné :</p>
<p>un jour et sa parole d’aube,</p>
<p>ses lèvres d’or sur les collines.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Un jour encore.</p>
<p>Qui remercier ?</p>
<p>Le ciel est vide,  l’oreille close,</p>
<p>les ancêtres serrés  dans leur étau de terre,</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>mais devant nous la terre est là</p>
<p>comme une paume ouverte</p>
<p>où brille la rosée,</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>comme une plage de lumière vers nous tendue,</p>
<p>vers nous qui souvent courtisons</p>
<p>les tourbes de la nuit.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Un jour encore.</p>
<p>Qui remercier ?</p>
<p>Remercions cette main de terre vers nous tendue</p>
<p>et, au delà, le corps immense deviné</p>
<p>dans la brume qui se déchire.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ce sont l’écoute,</p>
<p>la ferveur</p>
<p>et la louange</p>
<p>qui nous sauvent.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Jean Joubert</strong></p>
<p>(In « Etat d’urgence » &#8211; Editinter)</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>***</strong></p>
<p>Ami du rat,</p>
<p>comme lui je dévore</p>
<p>les livres.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>***</p>
<p>A l’entrée du cimetière,</p>
<p>assis sur la première tombe,</p>
<p>un chat noir me regarde.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>***</p>
<p>Sur le sable du rivage,</p>
<p>parmi cent mouches vivantes,</p>
<p>une mouette morte.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>***</p>
<p>Nuit d’hiver.</p>
<p>Dans la lueur des phares,</p>
<p>un lapin aux yeux rouges.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>***</p>
<p>Hagarde, au coin du bois,</p>
<p>elle m’attend,</p>
<p>la pleine lune.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>***</p>
<p>Silence du soir.</p>
<p>Sur l’ombre d’une branche,</p>
<p>l’ombre d’un oiseau.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>***</p>
<p>Gémissante tourterelle,</p>
<p>oiseau d’amour,</p>
<p>plaisir perdu.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>***</p>
<p>A la cime des sapins,</p>
<p>il chahute avec les branches,</p>
<p>le vent d’automne.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>***</p>
<p>Soir de septembre.</p>
<p>Sur l’eau du lac,</p>
<p>la première feuille morte.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>***</p>
<p>Forge fantôme.</p>
<p>Sur une enclume d’air,</p>
<p>le marteau du vent.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Jean Joubert</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>***</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Celui qui marche dans la boue</p>
<p>n’y verra jamais que son ombre.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Celui qui marche sur le sable</p>
<p>parlera langage d’oiseau</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Celui qui marche sur les eaux</p>
<p>dialogue avec les étoiles.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Jean Joubert</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Aux amis de la poésie (et des Cahiers)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>                        Bonnes fêtes de fin d’année !</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Je reviens vers vous dans quelques jours…</p>
<p>&nbsp;</p>
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